‹ CésarChapitre 98 sur 223 · SIEGE ET BATAILLE D'ALISE · texte numérisé non relu

SIEGE ET BATAILLE D'ALISE

CÉSAR seul.

Ce Yercingétorix est un homme important, Ennemi dangereux — je l'ai battu pourtant. Il est ambitieux, veut jouer un grand rôle,

Souriant.

Fonder un grand pouvoir. Le César de la Gaule... Non, il n'est qu'un César.

Entre Labiénus.

Eh! bien Labiénus, Les travaux...

LABIÉNUS

Terminés. Deux fossés continus, Du fossé principal à la ligne avancée De tes retranchements par toi-même tracée, Sont creusés maintenant ; tous les deux en hauteur Ont quinze pieds, autant de pieds en profondeur.

Dans l'un on a conduit du fleuve l'eau courante

Kl placé par derrière un talus dont la pente

Est de douze pieds, l'autre en avant des travaux,

Muni d'un parapet couronné de créneaux,

Est hérissé de troncs fourchus qui Le défendent;

De cent pieds en cent pieds des tours partout s'étendent.

Ainsi tout fut prescrit, fut arrêté par toi.

C'est bien, cela s'est fait très-promptement, je voi;

Mais ce n'est pas assez : cette ville d'Alise

Par sa position est forte, une surprise

Peut être à craindre et doit, à tout prix, s'empêcher.

Le point essentiel, c'est se bien retrancher.

Que de nouveaux fossés soient creusés, qu'on y place

A petite distance et d'espace en espace

Des troncs d'arbres aigus par en bas bien liés.

Qu'on en forme cinq rangs éloignés de deux pieds,

Qu'on dispose en avant des fossés, en quinconce,

Et que dans le terrain avec force on enfonce

D'autres troncs moins épais ou des rameaux pointus,

La terre dépassant de cinq doigts tout au plus.

Que, pour cacher l'embûche on rassemble, on entasse

Des broussailles, des joncs, des osiers; que l'on fasse

Huit rangs de ces rameaux de la sorte aiguisés.

LABIÉXUS.

Selon ta volonté tous seront disposés.

CÉSAR seul.

Bien commencé. Malgré sa renommée ancienne Cette cavalerie a fui devant la mienne. Puis j'ai des alliés; eu aide à nies Humains, .l'ai bien fait d'appeler les cavaliers Germains.

DEUXIÈME PAR HE. 166

ni l'importe sa patrie et comment il se nomme !

Tout peuple doit servir aux conquêtes de Rome.

Ainsi j'ai su former ma chère Légion

Gauloise, Y Alouette. Ah I cette nation

Est \ aillante, die sait parler... elle est mobile,

Prompte à décourager; sa vanité futile

Aime les vêtements brillants, les colliers d'or.

Oui, sans doute, elle est vaine... elle est plus brave encor.

Puis elle est souple, instinct singulier qui l'inspire!

Il lui plaît de subir comme d'avoir l'empire,

Et mes soldats gaulois à la romaine armés,

A nos mœurs dès longtemps semblent accoutumés.

De ces Gaulois j'attends beaucoup : mais voici l'heure

Dans le retranchement d'aller, c'est ma demeure.

Là, je veille et je dors à coté du soldat ;

Et, près de moi toujours mon glaive de combat,

Ce volume où parfois j'écris mes commentaires,

Et, pour dicter à tous, mes quatre secrétaires.

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