‹ César; ou, Le chien du châteauChapitre 18 sur 41 · ACTE I, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XI

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LA COMTESSE

Mon neveu !... mon noble neveu !...

GEORGETTE, regardant Desrosiers avec étonnement.

Vous... monseigneur... vous que j'ai vu si jeune... C'est singulier... pardonnez-moi de ne vous avoir pas reconnu... mais du tout... du tout...

LA COMTESSE

Ça n'est pas étonnant... depuis le temps... depuis dix ans... bien habile qui pourrait se reconnaître.

DESROSIERS

Je le suis donc; car moi je m'étais fort bien rappelé la petite Georgette, la fille du concierge... c'est pour cela que j'étais descendu chez elle.

Et ce matin... toutes ces questions sur ce domaine, sur ce château... que vous regardiez avec tant de plaisir!...

LA COMTESSE

C'était tout naturel.

CÉSAR , le regardant et le reconnaissant.

Eh ben!... eh ben!... c'te rencontre... Les six francs de tout à l'heure, c'est lui... c'est vous, n'est-ce pas ?

DESROSIERS

C'est bien... c'est bien... mon garçon... ne parlons pas de cette misère-là... C'est moi qui malgré l'incognito ai voulu payer ma bienvenue à ce pauvre diable.

LA COMTESSE

Je reconnais là mon neveu... (à Georgette.) Et quel air noble et distingué! Il ne se serait pas nommé que j'aurais deviné unCaradec... Et ce matin, seulement quand je l'ai aperçu, quand il m'a saluée, j'ai senti là une émotion... la voix du sang !

DESROSIERS

Un instinct de noblesse, ma chère tante.

LA COMTESSE

Je veux qu'il y ait SBjsssdlhuj même au château réception solennelle.

Air : Contenions-nous.

A tout le monde on ouvrira les portes... C'est un grand jour, c'est un jour de bonheur ! Rustres, vilains et gens de toutes sortes Seront admis à revoir leur seigneur.

Je veux, de plus, couronner deux rosières...

Que vous aurez?

LA COMTESSE

Mais, j'espère, aujourd'hui ; Si toutefois les révolutionnaires En ont laissé quelques-unes ici.

(à Desrosiers.) Je viens d'annoncer officiellement votre retour à ma fille et à monsieur de Neuillac, dont cette arrivée a renversé toutes les espérances. J'en suis désolée, parce que c'est un excellent parent et un bon gentilhomme; mais je

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l'en avais prévenu, et je n'y puis que faire... C'est à vous seul, mon neveu, à vous, mon cher Arthur!...

CESAR, poussant un cri.

Arthur!... c'est ce nom-là...

GEORGETTE

Veux-tu te taire !

CÉSAR

Arthur!... où est-il?

GEORGETTE

Là, devant toi !

CÉSAR, d'un air hébété.

Ah!

Salue donc !

CÉSAR

Non!

GEORGETTE

Veux-tu bien saluer ?

CÉSAR

Non... non...

GEORGETTE

Est -il entêté!... Et qu'est-ce qu'il a donc à gronder comme ça?... Ici, César... ici !

CESAR, grommelant entre ses dents comme un chiea mécontent.

Hon... hon... hon!...

GEORGETTE

Veux-tu bien te taire !

CÉSAR

Je me tais !

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