ACTE II, SCÈNE XIII
GEORGETTE
Laissez.
CÉSAR
Des papiers... c'est donc bien beau. (Il les regarde. ) Il n'y a pas d'images... Ah ! je me rappelle... (au chevalier.) vous me les demandiez ce matin... je vous les donne... et ce château... sous disiez qu'il était...
A vous.
CÉSAR
A moi, tout entier... tout le château?... Eh bien.' à Georgette... Et ces papiers...
LE CHEVALIER
Mais ils vous appartiennent, ce sont vos titres
de marquis.
CÉSAR, se levant vivement, et allant se placer devant
le cadre vide.
Le marquis!... oh! non... ce n'est pas vrai...
il n'est pas revenu.
GEORGETTE, prenant le petit portrait qui était dans les
papiers.
Àli ! ce portrait! (à part) celui de son père...
(Elle le met devant les yeux de César.)
CÉSAR, regardant le portrait un instant avec attention,
pousse un cri.
Ah!
( Il s'évanouit et tombe dans les bras du chevalier et de Georgette.)
Laissez , laissez .. Bien des jours se passeront avant qu'il nous soit tout-à-fait rendu. . . mais le temps , nos soins , guériront sa tête , qui n'est qu'affaiblie... Il revient à lui.
CÉSAR, revenant à lui , et fixant ses yeux sur le portrait qu'il tient.
Mon père... oui, c'est mon père... je l'entends... il me dit...
GEORGETTE, d'une voix forte.
Arthur !
CÉSAR
Oh! oui... c'était ici... où donc? Si je pouvais me rappeler 1... (Il cherche de tous côtés, et regarde où peut se trouver l'endroit indiqué par son père; enfin il le reconnaît , il s'élance sur le devant à droite du théâtre , ouvre une porte , et saisit une épée qu'il trouve. Il la contemple, la baise avec transport et s'écrie)
La voilà ! je la reconnais !
LA COMTESSE
Et moi, je reconnais le gentilhomme.
LE GÉNÉRAL
Un gentilhomme qui sera des nôtres!... Nous en ferons un sous-lieutenant de la république.