DEUXIÈME PARTIE
CÉSAR au milieu de la portion de son armée qui assiège la ville.
CÉSAR
Enfin ils sont sortis, soldats, de la prison
Où vous les reteniez captifs ; la garnison,
Au devant de la ville en bataille dressée.
De fondre sur mon camp semble avoir la pensée.
Suivez leurs mouvements ; qu'ils osent faire un pas
Après avoir regardé de ce côté.
Vers nous, ils sont perdus — ils n'attaqueront pas.
UN CENTURION
Les femmes, les vieillards, les enfants, de la ville Par Vercingétorix bannis et sans asile Demandent l'esclavage et du pain.
CÉSAR
J'y consens.
Du pain ! et mes soldats... chassez-les, — pauvres gens !
CÉSAR sur le talus du retranchement du côté de l'armée d'attaque.
CÉSAR
Le péril est ici ; — sans cesse repoussée, Cette horde revient toujours et renforcée. Mes braves légions sont là dès ce matin, Fermes, et le combat dure encore incertain ; J'en ai suivi, d'ici, chaque vicissitude. Les fantassins pressés par cette multitude Ne peuvent avancer, reculent par moment. Entre leurs cavaliers les Gaulois sagement
nj CftSAR.
Ont plao(' dos froiulour.-î, des archers, c'est li;d)ile, Ils ftmt beaiic'oui) de ni;d aux iiAlres... Que liois mille (".ermaius sur leurs elievaux au j:;alop soient laneés : Ali 1 \(>ilà les (laulois j)ar ce choc enfoncés, Culbulanl les frondeurs, les archers, dans leur fuite; Ceux-ci sont massacrés, c'est trés-hien; vite, vile, Qu'on ne leur laisse pas le temps de se former. L'Alouette est solide, on ne peiil ICnhuiicr. Jamais tu n'as volé si bien, mon Alouette! Allons, pour le moment, la déi'oulc est complrtc.
CÉSAR visitant les retranchements avec quelques officiers. UN DES OFFICIERS DE CÉSAR.
C'en est fait, les Gaulois avec le jour ont fui, Nous ne les verrons plus.
C'est fait pour aujourd'hui ; Mais demain, je ne sais. Je n'ai pas de nouvelles De mes éclaireurs; pris peut-être.
Passant flevnnt iin poste.
Sentinelles!
Veillez avec grand soin, ils ont fui ; cependant Redoutez quelque assaut.
I/OFFICIER
César est trop prudent.
CÉSAR dcoutant.
J'entends, un bruit... là-haut.
L'OFFICIER ccoufp.
Je ne puis rien entendre.