LA DERNIÈRE VKHJ.K DE NUIT
CÉSAR au milieu do ses SOLDATS.
CÉSAR
Eh bien, nous voilà donc dans cette Thessalie. On est presque aussi bien ici qu^en Italie, N'est-ce pas, compagnons?
UN SOLDAT
Général, encor mieux, Les femmes et le vin y sont dignes des dieux.
UN CENTURION
C'est trop légèrement te répondre et j'incUnt' A rappeler cet homme à plus de discipline.
CÉSAR
Laisse-le dire, moi je permets aux soldats, Lorsque j'en suis content, d'assez joyeux ('bals.
l'oiirvu qu'ils marchent bien et fassent bien la guerre, Sur ces points seulement je me montre sévère; Mais quelque liberté dans les camps, même un peu De licence parfois me plaît, j'en fais l'aveu ; J'aime que le soldat par moments se délasse, Qu'il s'égaye ou s'amuse et trouve bon qu'il fasse, Dise ce qu'il lui plaît; pour les séditieux, l.es déserteurs je suis terrible, par les dieux!
Aux soUlats.
Près de Dyrrachium moins douce était la vie.
UN VIEUX SOLDAT
Ah ! ne prononce pas ce mot, je t'en supplie. Il nous rappelle à tous une calamité.
Un opprobre.
CfiSAR.
Oubliez.
LE VIEUX SOLDAT
Il n'est pas racheté.
CESAR au Cenlurion.
Tu vois, ils ont toujours au fond du cœur la honte De ce désastre unique en leur vie, ah! je compte Sur eux à la première et grande occasion.
Aux soldats.
Vous aimiez mieux Gornphos?
UN SOLDAT
0 jubilation!
LE VIEUX SOLDAT
Après notre malheur, ce fut dans cette ville, l'our la première fois, que je dormis tranquille,
-'Ui CKSAIt
Nous étions des vainqueurs, jusque là des vaineusl l'ersonne, dès ce jour, ne nous iné|irisa plus Ainsi (lu'auparavanl eliacun, oh! ([uel siipjiiice! Le faisait.