PREMIÈRE PARTIE
CÉTHÉGUS
Moi, ma volupté, c'est la haine.
LENTULUS
La beauté A son prix. Vois-tu bien, tu dois à cette femme Quelque reconnaissance, elle a gagné mon âme A vos sanglants desseins. Sans elle, par les dieux Je ne serais pas là ; car on peut faire mieux De son temps, que venir, seul, dans une assemblée De composition, je crains, un peu mêlée, Comme si chez Fulvie on se glissait la nuit.
CÉTHÉGUS
Va, par des patriciens l'affaire se conduit.
LENTULUS
Tout est bien, entre nous si les choses se passent.
C'est qu'aujourd'hui tout change et tous les rangss'elfacent.
Un homme d'Arpinum arrive au consulat.
Des censeurs sans aïeux m'ont rayé du sénat.
Mais nous les rayerons, grâce à notre entreprise,
Censeurs et sénateurs, consul que je méprise.
Du nombre des mortels.
CÉTHÉGUS
Ah ! le jour que j'attends Avec impatience et depuis si longtemps, Je vais le voir enfin.
LENTULUS
Toi, toujours tu conspires, Tu n'as lait que cela depuis que tu respires.
40 , CÉSAR
ri':Tni^:r.iTs.
Oui, celle n'piiitliqne avec tous ses abus, .le no puis rfiuliiivr.
LENTULUS
Mon painre C('llu'',^'ns, Les abus sont l)ion vieux, mais, malgré leur grand âge, Vivront autant que nous, peut-être davantage.
CÉTHÉGUS
Moi, je seconderai toujours qui tentera Quelque chose de mieux.
LENTULUS
Et toujours échouera.
CÉTHÉGUS
Non, ces hommes qui font un trop grand personnage Et dont rambition prudente se ménage; Avec Calilina moins de risque à courir, Car il n'a rien à perdre et tout à conquérir.
LENTULUS
Il veut être consul, c'est Là sa fantaisie.
CÉTHÉGUS
Mais, vers le consulat sa route est bien choisie ; C'est un vaste déluge, un grand soulèvement Et qui doit ébranler Rome en son fondement, L'extermination du parti qui domine El pour un nouvel ordre une immense ruine.
LENTULUS
Tout cela c'est bien beau, n'est-ce pas? je n'y voi Que mes censeurs punis, et c'est assez pour moi.