QUATRIÈME PARTIE
CIMBER
Il faut le perdre, ainsi nous le perdrons ; Jamais d'assez d'honneurs nous ne l'accablerons.
Au sénat.
Pères conscrits, César, nous pensons tous de même, Du destin des Romains est l'arbitre suprême; Du peuple il représente en lui la majesté, Ce peuple se doit donc, et pour sa dignité, De décorer César d'honneurs incomparables: Que le monde jamais n'en ait vu de semblables. Pour qu'il dise : En leur chef se voulant honorer. Voilà de quel éclat ils ont su l'entourer. Aux titres décernés, moi, j'applaudis sans doute, Mais à ce qu'on a fait ie voudrais qu'on ajoute ; César est à nos yeux le plus grand des humains, Tous les pouvoirs déjà sont remis dans ses mains : J'approuve; on en a fait un dieu, j'approuve encore; Mais alors comme un dieu que vraiment on l'implore. Donnez-lui des autels pour l'adoration, Qu'à Vinvincible dieu soit leur inscription, Qu'd ait, admis au rang des personnes divines, Un culte régulier, des prêtres, des flamines.
ANTOINE
Moi je demande à l'être.
CIMBER
Antoine, en vérité.
Doit obtenir ce litre, il l'a bien mérité.
UN SÉNATEUR
Pour César, qu'à toujours Jupiter on le nomme.
370 CIÎSAR.
C 1 M IJ E n.
Ce nom ivlèvera la inajeslé de Rome.
UN si';nati:uu.
(^iiie les lloiiiaiiis au ciel oITrciil des actions De grâce, avec des vieux, des iinniulalions, Chaque jour où César obtint (iuelijue victoire.
UN SÉNATEUR
Snns oul)lier le jour, si digne de mémoire, Uù César vint au monde.
CIMBER
Enfin, puisque ce dieu A notre terre, hélas ! doit dire un jour adieu Pour remonter au sein de l'Olympe céleste. Quand viendra ce moment à nos cœurs si funeste. Que son corps dans la ville ait droit d'être inhumé, Pour avoir près de nous ce reste bien-aimé.
UN SÉNATEUR
Ah ! cette idée est belle, à Cimber je l'envie.
CIMBER
Mais avant de soigner sa mort réglons sa vie, Déclarons que ce titre imperalor sera Toujours le sien.