‹ César, scènes historiquesChapitre 252 sur 261 · LA MORT LE CÉSAR · texte numérisé non relu

LA MORT LE CÉSAR

LA MAISON DE CESAR

CÉSAR seul, ensuite CALPLRNIE.

CÉSAR

Je veux donc être roi; c'en est fait, je vais l'être.

Ma carrière à son terme aussi touche peut-être.

Oui, je serai, ce soir, au faîle parvenu.

Ou bien dans mon tombeau je serai couché nu.

Je ne veux plus songer à la chance fatale,

La nature t'a fait, César, l'àme royale,

Règne donc. Est-ce en vain que durant tant de jours

Un bonheur merveilleux m'accompagna toujours? .

N'est-il pas des destins singuliers et des hommes

Dont le sort est à part? Dans la nuit où nous sommes

Tous se trompent-ils donc quand ils croient voir en moi

Plus qu'un homme ordinaire? Oui, par moment, je croi.

Que César, en effet, sort d'une autre origine

Et qu'en mon sein je porte une essence divine.

Serais- tu dieu, César?.. Mais il n'est pas de dieux...

Pas de dieux habitants de l'Olympe ou des cieux,

Dieux à foudre ou trident que le vulgaire adore.

Mais des divinités réelles ([u'on ignore.

S'il cil «''lait?., si moi?.. Ci'ltc iiiiil, je ivvais

Qu'aiipic's (le Jupiter par ic.»^ airs j'ai rivais,

(Jiie je touillais sa main, cpi'il me disail : mon frère...

lVul-(î(re il est des dieux cachés sur (clte terre...

Eh non, je suis un honinie usé par des excès

l.l (|iii du mal caduc craint d'avoir un accès,

Car je le sens venir... Ma femme! Calpurnie.

Li,iru CALPURNIE.

J'ohservc sur ton front la fièvre, l'insomnie; Une agitation que je ne vis jamais Altère ton regard, dôconijiose tes traits. Qu'as-tu donc?

CÉSAR

Je ne sais.

CALPURNIE

Mais tu sourires, te dis-jc.

Qu'éprouvcs-tu, César?

CÉSAR

Moi, c'est comme un vertige, Je ne suis plus moi-même et tombe à tout moment De l'exaltation dans un abattement Que je n'ai pas connu durant ma vie entière, Je redoute une crise.

calpurSie.

Ecoute ma prière :

Reste dans ta maison tout le jour.

césar.

Jtï ne'puis.

QUATllIÉME PARTIE. 401

CALPURNIK.

Le médecin te dit malade.

CÉSAR

Je le suis.

CALPURNIE

Et puis, si tu savais quelle image odieuse En songe...

Tu n'es pas si superstitieuse D'ordinaire.

CALPURNIE

Oh ! jamais... Dieux ! quel songe effrayant ! Ne va pas au sénat. Ton air est souriant, Mais tout ton corps frémit...

CÉSAR

C'est le mal qui me mine, L'épilepsie; allons, une crise est voisine.

CALPURNIE

Ke va pas au sénat.

CÉSAR

Je crois en vérité Qu'il serait mieux... Mais non, pusillanimité! Que dirait-on de moi? que j'ai craint quelque songe.

CALPURNIE

Il en est un, César, qui dans l'effroi me plonge. Je croyais sur mon sein te tenir embrassé, Mais j'avais dans les bras un cadavre glacé.

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