PREMIÈRE PARTIE
Si la peine est trop dure, alors on oubliera
Le crime, et seulement la peine indignera.
L'amour de la patrie a dicté ta sentence,
Silanus, et j'ai là reconnu ta constance
Ferme en tous les périls... Quel péril cependant
Pourrait nous menacer quand un consul prudent
Arme avec tant d'ardeur des bras pour nous défendre?
Mais ce que de ta part je ne saurais comprendre,
C'est de te voir chercher un châtiment nouveau,
La mort... Puis, est-il donc si grand? Dans le tombeau
Nul tourment ne nous suit; de toutes nos misères
C'est la fin ; c'est, après nos peines passagères.
Le repos et l'oubli; souffre-t-on quand on dort?
Il n'est rien, ni douleur ni joie après la mort.
Je crois qu'au châtiment nos lois peuvent suffire.
Nos pères ont voulu sagement interdire
De punir par la mort un citoyen romain.
Ceux-ci l'ont méritée... Il est vrai, mais demain.
Mais plus tard, quelque jour, lorsque la république
Sera dans d'autres mains, il se peut qu'on l'applique
A de moins criminels et même à l'innocent.
Cela s'est déjà vu : quand Sylla tout-puissant
Fit livrer au trépas des hommes détestables.
Qui n'approuva la mort juste de ces coupables?
Mais ce fut d'un grand mal un beau commencement.
Il s'ensuivit bientôt un vaste égorgement.
Car si quelqu'un d'autrui convoitait la ruine,
La maison, la villa, même une perle fine,
Une robe de pourpre, au lableau des proscrits
Les noms des possesseurs étaient bien vite inscrits.
Ces hommes qui s'élaient réjouis s'affligèrent
Quand ceux qu'ils approuvaient d'abord, les égorgèrent.
70 CKSAU.
Ces temps sont à jamais passas, nous l'cspi^rons... On n'a pas pour consul loujcturs (1(^8 ('.iccMons; (Ju'un aulic soil consul ou niailrc d'uni; arnice, |]l trop aiscnionl croie une rumeur semée, l'ar décret du sénat si le ,u,laive esl liié, C.nnlre ce glai\c un jniir (|iii pciil rire assuré? I";iiil-il (Ml lilii'ih' Imis (l'alioid les remettre? .Non, certes, sénaleuis, nous ne pouvons [)ermettre Qu'ils s'en aillent grossir le camp des t'aclieux. Ou'on les garde en |)rison, cpie tout séditieux nui de parler pour eux conunetlrait la Jolie Par vous soit déclaré traître envers la pairie. Voilà mon sentiment.
CICtRON à part.
Que César est adroit!
UN SÉNATEUR
César a sagement réclamé pour le droit Du citoyen romain, il a bien dit.
UN SÉNATEUR
Je trouve Que César a raison.
UN SÉNATEUR
Moi de même.
UN SÉNATEUR
J'approuve.
UN SÉNATEUR
Et moi.
UN SÉNATEUR
J'approuve.
Aussi !