PREMIÈRE PARTIE
CÉSAR
Cicéron, ton cortège
Est bien tumultueux,
CICÉRON
Cessez, je le protège.
Qu'on ne le touche point.
Ils se précipitent vers César l'épée nue. CÉSAR.
Mais c'est presque un combat.
CICÉRON
Laissez-le.
UN JEUNE PATRICIEN
Nous vengeons, non toi, mais le sénat .El notre ordre offensé.
Les amis de César le dérendent à grand'peine. CÉSAR à Cicéron.
Voilà ton influence!
Tu ne m'as pas sauvé malgré ton éloquence. Mais ces braves amis.
Cicéron et cenx qnl l'accompagnent s'éloignent. CÉSAR.
Il faut pourtant songer A ne pas tout à fait se laisser égorger Par les vaillants soutiens de Cicéron, l'insulte Me touche peu, je ris de tout ce vain tumulte; Mais puisque, contre moi, l'on jirend de tels moyens, Ayez vos défenseurs, je trouverai les miens.
78 CÉSAR
LA MAISON DE CÉSAH. - I.F, SOIR
Cf:SAn, BKSTIA, DEUX I>.\J lUClKNS.
BIîSTIA.
Le peuple est assemblé, César, sous ta fcnélre
El demuiidc à grands cris que tu veuilles paraître;
Il est Irès-irrilé contre les sénateurs • '.
Qui t'ont osé rayer du nombre des préleurs.
Tu n'as qu'à dire un mol pour enflammer leur zèle...
CÉSAR
Je ne le dirai pas.
BESTIA
L'occasion est belle De punir le parti qui vient de triompher. Ce mouvement le sert.
CÉSAR
Il vaut mieux l'étoufl^er Je ne veux pas à bout, vois-tu, pousser les choses.
BESTIA
Rejeter un puissant appui dont tu disposes !
CÉSAR
C'est plus sage, il convient d'apaiser le sénat
De l'endormir un peu, tant que le consulat
De Marcus dure encore et que son éloquence
Fait ballre tous les cœurs. — J'en connais la puissance
Plus tard il sera temps.
BESTIA
César, songes-y bien Tu pourrais te venger d'eux.