PREMIÈRE PARTIE
Sur les rostres et nul n'en doit forcer l'entrée, Car des tribuns partout la personne est sacrée.
CICÉRON aux tribuns.
Je ne veux pas causer une sédition Et qu'on dise de moi que j'eus la passion De parler, à ce point qu'appelant à mon aide La force, j'envahis les rostres, je les cède.
CATON
Faiblesse!
Il a cédé.
CICÉRON
Mais vous m'accorderez De prêter le serment...
PLUSIEURS VOIX
Tribuns, vous descendrez!
CICÉRON
Je vous somme, tribuns du peuple, de permettre Au consul, son pouvoir fini, de se démettre, Et de jurer qu'en rien il n'a démérité Dans sa charge.
c^ciLiua.
Ce droit ne t'est point contesté.
Prête donc le serment d'usage, il t'est loisible.
A Bestla.
C'est la loi, refuser cela, c'est impossible.
CICÉRON d la tribune.
Romains, écoutez-moi : j'en jure par les dieux ! J'ai sauvé la patrie.
88 CftSAR.
Le superbe!
BKAUCOrP DE VOIX.
Oui, oui.
CECI L lus.
L'audacieux!
BESTI A
CATON
Romains, la dernière parole Du consul restera tant que le Capilole
A (,ic(;ron.
Sera debout. Le peuple était en ta faveur. ■
UN GRAND NOMBRE DE VOIX
Oui, Marcus Tullius de Rome est le sauveur.
BESTIA
Ton consulat est clos et tu n'es plus le maître.
CICÉRON
Encore un beau moment, c'est le dernier peut-être !
CAïON à un niitrc Romain.
Plus que moi, Cicéron aime les beaux discours, A sa place parfois je les ferais plus courts; Mais c'est un bon Romain, c'est un heureux génie Et qui réellement a sauvé la patrie.