DEUXIÈME PARTIE
LE VIEUX SOLDAT
Nous redoutons la colère divine.
Les dieux sont avec nous, avec nous le destin,
D'autres soldats s'approchent pendant que César parle.
Et VOUS en avez eu plus d'un signe certain,
Car, dans chaque action, nous en vîmes plus d'une,
Vous trouvâtes toujours César et sa fortune.
LE JEUNE SOLDAT
Dès que j'entends César je nïe sens rassuré.
Ln grand nombre de soldats font cercle autour de César. CÉSAR.
Ecoutez, compagnons; d'abord je vous dirai
De vous en rapporter toujours, pour toute chose,
A votre général qui prévoit et dispose;
A lui seul appartient de choisir, d'arrêter
Les plans qu'il doit conduire, et vous exécuter.
Nos pères ont connu ces Germains si terribles,
Marins a vaincu ces Teutons invincibles;
Par les Helvétiens que vous avez chassés,
Ils furent maintes fois battus et repoussés.
Ce qu'ont fait des Gaulois, ne pourrez-vous le faire?
Ceux qui veulent cacher leur effroi de la guerre
Sous des prétextes vains, un faux bruit répandu
Et de provisions le défaut prétendu.
Semblent par ces discours dont l'audace m'irrite,
Douter du général ou blâmer sa conduite.
J'ai su pourvoir à tout et quatre nations
Me doivent de froment fournir des rations;
De plus, les blés sont mûrs. Quant aux chemins, vous-mêmes
Bientôt vous connaîtrez ces obstacles extrêmes
IW CKSAH.
IJuiil on vous ('pouvaiUo, el Us iippriVioi'CZ.
De vos folios tenviirs avec moi vous rinv.
On ilil i|iit' mes soldais, oublieux de Ifiii Lilniic,
Ne voudront pas niarclior — mais je nr le puis noiic.
Je sais que si l'armée en son dcMiii' tir lui,
C'est lorsqu'un génùral jum- le vd! s'eniicliit,
('Il hieii (pie le malheur à ses armes s'attache ;
Le bonheur ne m'a pas fait défaut, (jue je sache,
Kl nul ne |)rétendra qu'après aucun combal
Je me sois eiu'ichi de la pai't du soldai.
Comment pourrais-je craindre une insulte jjareille?
Je lèverai mon camp à hi i)i'emière veille.
Je suis pressé de voir (jui m'abandonnera
Et contre Arioviste avec moi (jui viendra.
Si quelque légion refuse, la dixième
Ne refusera pas de marcher.
-Ui\ SOLDAT.
La troisième Non plus.
UN AUTI'.K SOLDAT.
Ni la cinqun''me.