‹ Cette et Son Commerce Des Vins: de 1666 à 1920Chapitre 147 sur 159 · LES MAISONS DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX° SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES MAISONS DANS LA PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX° SIÈCLE

Au rétablissement de la paix (1814-15), quand les anciens chents de Cette retrouvèrent en sûreté le chemin de son

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port pour reprendre les anciennes relations, demeurées en souffrance pendant une période de 25 ans, une partie des maisons de commerce avait disparu; quelques-unes avaient émigré à Montpellier ou ailleurs, et les documents de l’époaue parient de la détresse du commerce, pour chtenir des dévrèvements dans les taxes et les impositions,

Tout n’y était vas perdu cependant, et les affaires, longtemps gênées par l’état de guerre, se rétablirent assez rapidement, Après dix années de travail, nous trouvons, en 1826, comme principales maisons, les suivantes:

Auriol et Krüger-Hinsch.

Barret.

Bergeyron.

Bernisson,

Blanc, Ratyé et Cie.

Bonnafont.

Bouillon fils.

Bratschy et Cie.

Cazalis.

Cazenove père et fils.

Coste.

Durand.

Figaret fils.

Marès jeune.

Bonnaric, Lafon et Bourbon.

* Masse fils.

Méaulle et Flickwier.

* Mercier frères. .

Mercier père, fils et Cie.

Mouton.

Ponset frères.

Ratyé, Guinard et Cie.

Reimann.

Roustan.

Sarran fils.

‘ Seillan, Monsservin, Boisson.

Tempié, Mouton et Puech.

Tourneyssen.

Tourret aîné et Cie.

Tubœuf et Privat.

Vivarès aîné.

Les trois principaux commissionnaires de la place, alops gens d'importance, étaient:

Gaudy. Girard-Malet. Nayrac.

En parcourant la liste précédente, on a remarqué quelques noms étrangers. Ow en trouvait déjà un certain nombre parmi ceux des négociants du siècle précédent. Presque toujours, ils sont associés à un nom indigène et nous retrouverons ce système par la suite. Quelques négociants étrangers avaient pu s'établir à Cette comme représentants de maisons de leurs pays d’origine, mais le plus grand nombre étaient venus comme employés dans des maisons existantes

de Cette ou de Montpellier. Chargés de la correspondance avec la clientèle dont ils parlaient la langue, ils étaient bientôt au courant des affaires et pouvaient devenir des associés précieux pour le patron qui les avait accueillis. D’autres fois ils trouvaient des associés français employés comme eux ou petits négociants en passe de réussir, et fondaient des maisons dans lesquelles l'Etranger apportait des relations commerciales et l'usage de la langue du pays cù l’on se proposait de «€ travailler » et le Francais la connaissance des vins et l’avantage des relations locales. D'ailleurs l’association, même entre nationaux, était à la mode, comme on a pu le remarquer à toutes les époques de l’histoire économique de Cette.

Quelques années plus tard (en 1833), après le changement de régime politique qui porta au pouvon la famille d'Orléans, les maisons suivantes ont disparu: Bergeyron'; Bonnarie, Lafon et Bourbon; Bratsehv et Cie; Masse fils; Tempié, Mouton et Puech, ainsi que le commissionnaire Girard-Malet. En retour, on trouve quelques maisons nouveiles :

Cabrit. Klehe et Cuilleret. & Doumet et Bergeyron. * Morisservin (G.-A.-A.). Galibert. Puech-Barre.

* Mirman (de). Sauvaire et Cuilleret.

et parmi les commissionnaires :

Fauverge et Caron. Lupy. Torquebiau.

Ces noms constituent des souvenirs bientôt centenaires et la plupart vivaces, mais les maisons qu'ils ont désignées n’ont pas souvent survécu; la maison Klehe et Cuilleret est une des rares qui se soit continuée jusqu’à ce jour. On peut noter, dès à présent, une grande facilité dans la créa- {ion et la liquidation des maisens de vins à Cette. Souvent elles ne font que changer de mains, mais peu de maisons passent du père au fils et au petit-fils. Un vieux Cettois des mieux informés en ces matières a noté que les enrichis

du commerce transportaient facilement leurs bénéfices commerciaux dans la propriété rurale et ne faisaient pas souche de commerçants. Serait-ce parce que le commerce des boissons demanderait un coup d’æil, une activité, un savoir-faire qui ne se transmettent pas?

On retrouve peut-être plus d’esprit de continuité chez Les « Montpelliérains » dont nous possédons une liste complète pour 1839:

Agniel et Ramadier. Koëster (Louis).

Rolland (Jacques). Lichtenstein et Vialars.

Blouquier (Etienne). Roume-Rey.

* Bazille (Paul) et Méaulle- * Rey (Adolphe).

Flickwier. Saacké et Roqueplane.

Bazille et Castelnau. Bresson, Raspay et Cie. Cazalis-Tutein. Durand (Francois) et fils.

* Coulet (Claude) et Cie. * Nayral (P.).

Gigonzac aîné. * Nayral (F.) et fils.

En 1844, en pleine période de prospérité, les maisons se sont multipliées qui font «les vins, eaux-de-vie et denrées du pays », selon l’expression de l’époque. Voici les prineipales :

Abhles-Bratschi. * Cazalis (Léonce).

Altazin. C'azenove (Calixte)).

Audran. FRE Chevreuil.

Auriol fils. Cielle et Halle.

* Bazille (David et Emile). * Coulet (Claude).

* Bazille et Castelnau. Cuilleret.

Bénézech frères. Dezon aîné.

Benker (Amédée). ® Donnadieu et Sézary .

Bergeyron. Dugas.

Bernisson. Dumont.

* Blouquier (Etienne). * Durand (François) et fils. Boggiano. Durand (Louis).

* Bonnaric et Bourbon. Dunal (Léon).

Bouvet. Dussol (Julien).) Bouet-Cazalis. Espitalier (J.-B.).

Bouillon père et fils. Espitalier-Vaillard.

* Bresson. Fajon.

Brun. se Fournaire.

Causat. Franke.

Gibert.

Gimbert.

Girard et Cie.

Girard jeune.

Grenier aîné.

Guérin.

Guerre fils.

Guillard.

Hérail.

Hinsch et Krüger.

Ichon et Cie.

Jansen.

Jourdan et fils.

Klehe et Cuilleret.

pee

Pioch.

Ponsif:

Ponset-Anterrieu.

Puech.

Ratyé, Guinard et Cie.

Reissent (Guillaume).

Reissent et Caffarel.

* Rey (Adolphe).

Rieunier et Péridier.

Rieunier fils.

Roqueplane.

Rouet et Cie.

® Roume-Rey.

Saaké et Cie.

* Koëster et Cie. Salis fils.

Laver. Sarran fils.

Lichtenstein et Wachter. Séranne. 1 Martin jeune. Thau aîné.

Marty. Thau cadet.

Méaulle-Flichwier. * Teisserenc et Vallat.

Michel. Torquebiau.

* Monsservin. Valette.

Moulin et Cie. Vaureinschote.

* Mouton. Viala frères.

* Nayral (F.). Vivarez aîné.

* Nayral (P.). Vivarès-Thau.

Paris, Damas et Doumet. Vivarez et Motte.

APevyret: Vichelmy. L

Wimberg et Ewerdt.

La plupart de ces maisons sont, à des degrés divers, encore mêlées au commerce d’exportation. Quelques-unes font en même temps de l’armement, On en retrouve le nom parmi les armateurs dont nous avons déjà parlé’. Les plus nombreuses entretenaient des rapports directs avec les étrangers dont les navires fréquentaient le port soit pour y déposer leurs marchandises soit pour faire leurs achats de vins, eaux-de-vie et denrées du pays, quand ils avaient déposé ailleurs leurs cargaisons. Le privilège de Marseille au sujet du droit de tonnage et surtaxe conti-

1 Voir 4 partie, chap. IIT.

nuait d’amener dans ce port des marchandises qu’on aurait pu, sans cela, débarquer à Cette. Mais les navires du Norc reprenaient la direction du Languedoc, où ils se savaient attendus. Les vins étaient soignés à leur intention dans les chais aménagés spécialement pour cette industrie. Les greniers et magasins regorgeaient de vins mis à point pour cette clientèle, mais encore d’eaux-de-vie, esprits-devin, amandes, olives salées etc. Selon une tradition, vieille de plus d’un siècle, on y joignait des vins blancs secs où doux, des mutés au soufre aigre-doux, des muscats, des picardans, des vins cuits, des madères et des portos français, des alicantes, des malagas et des xérès français, des rancios roussillonnais etc. Tous ces produits, dégustés par les capitaines et les représentants des acheteurs étrangers, faisaient alors de Cette comme une grande foire en permanence pour les vins du ecrû languedocien et pour les vins imités de l’étranger. On y connaissait les malvoisies, les tokays, les marsalas, les lacryma-christi et autres vins étrangers célèbres que les « maîtres de chais » cettois savaient mettre au goût d’une clientèle que l’on connaissait et qu’on désirait fêter. Combien de consommateurs, dans le Monde, qui ne connaissent ou ne connaîtront ces produits que par leurs imitations françaises, sorties des mains expertes de nos compatriotes qui ont su mettre ainsi à la portée des ressources modestes la réalisation de fantaisies autrefois difficile et coûteuse sinon impossible!

& 3. — LES MAIÏSONS D'EXPORTATION ENTRE DEUX CRISES: OÏDIUM ET PHYLLOXÉRA

Après une période de troubles à la fois économiques et politiques (1844 à 1852), beaucoup de négociants, dont nous venons de voir les noms, ont liquidé ou passé la main à d’autres. Ce furent: Bratschy; Altazin,; Audran; D. et E. Bazille; Bonnaric et Bourbon; Causat; E, Cazanova; Chevreuil; Cielle et Halle; Cuilleret; Dugas; L. Durand;

oi {chon et Cie; Paris, Damas et Doumet; Peyret; Pioch; Pons; Puech; Ratyé, Guinard et Cie; Reïissent et Caffarel; Rouet et Cie; Roume-Rey; Gibert; Girard jeune; Grenier aîné; J. Grenier; Hérail; Jourdan et fils; Laber; Lichtenstein et Wachter; Méaulle-Flickwier; Roqueplane; Salis fils; Séranne; Thau aîné; Waureinschote; Viala frères; Vivarez et Motte. Parfois ce n’étaient que des associations dissoutes qui se reformaient avec des éléments nouveaux, Mais de nouveiles maisons, plus nombreuses, remplacèrent celles que des motifs divers faisaient disparaître. Les voici:

Almayrac frères. Gély (Pierre).

Arnaud (Paulin). Gensonmnier.

Baille. “ Gigonzac et Cie.

Beaumes. Granier-Roche.

* Blonquier et Wesphal. juérin fils.

Brunet et Cie. Halle fils.

Chavasse (Hippolyte). -Jonquet.

Coulongnon. Juge.

Comolet frères. Lafont.

Coste. Lupy.

Cielle fils et Cie. Maillé.

* Claris. Mazel.

* Clément. Monnier.

* Dalbis et Isenberg. - Nicolas.

* Delgrès. Pêcheur et Baude.

* Deyrieu. Peyroles.

* Donnadieu-Farjenel. Quermel.

* Donnat. S Raujon et Bardon.

* Donnat et Granger. Roux.

* Doumet-Bonjean. Sassy.

* Dussol et Cabanettes. Sauvaire et Falbot.

* Fondère (Jean). » Torquebiau-Guérin.

* Forest. Tourron et Molinier.

* Gaffinel. Vieu (Barth.).

* Galibert et Cie. ; Wachter et Cie.

C’est alors que se fondent ou passent au premier plan des maisons devenues célèbres dans la suite par leur rayonnement et l'importance de leurs affaires. Ces maisons ont fait des fortunes considérables en moins d’un demi-siècle, mais la plupart de leurs propriétaires ont liquidé sans fon-

—\ 3840 der de dynastie commerciale, comme nous l'avons déjà observé. Il faut croire que les hommes d’action qui en avaient fait la puissance n’ont pas pu ou voulu communiquer le goût de la spéculation commerciale à leurs héritiers, ou que ceux-ci ont estimé que, pour aborder les multiples soucis du commerce des vins, il ne faut pas s'élever audessus d’une modeste aisance.

Pendant cette même période, des négociants, non-résidants, mais fidèles au port de Cette, y continuent de faire et refaire des associations ayant pour objet principal l’ex- »ortation des vins et esprits. Ils offrent ce caractère particulier d’être souvent, par ailleurs, propriétaires fonciers, done producteurs vinicoles et par conséquent doublement intéressés à l’écouklement des produits de la terre languedocienne. [ls forment ce qu’on appelle depuis le siècle précédent les « Montpelliérains » dont nous dirons un mot plus loin.

Autour des négociants indigènes gravitent toujours quelques négociants d’origine étrangère et qui ont fait souche en France, après des succès commerciaux plus ou moins considérables. À cette époque, quelques nouveaux venus ont apporté ici des procédés pour la production en grand des «absinthes» et (vermouths», boissons originaires de la région alpestre mais connues des pays environnants, Le grand commerce s’empara bientôt de ces produits nouveaux, les premiers fabricants ! n’ayant pas appartenu tout d’abord au commerce de gros.

Ce sont les maisons que nous venons de eiter qui profiteront du développement de l’Algérie et de l’impulsion donnée au commerce par les traités de 1860 et le développement des chemins de fer. |

En 1864, les maisons faisant à Cette les yins, spiritueux, vins de liqueur, vermouths, absinthes ete sont les sulvantes:

1 En 1844, c'’étaient Brémont de Grandet, A. Cailho, L. Raunier, JT. Roustan et A. Torquebiau; les deux premiers étaient d’ailleurs confiseurs.

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