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ESCALES

CABOTAGE

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Ainsi, les conséquences de la guerre ont entraîné la diminution sensible des escales, du cabotage surtout et l'augmentation considérable du commerce extérieur.

Les contrées ou puissances avec lesquelles Port- Vendres est en relations suivies, sojit l'Espagne, tout d'abord, 82 navires en igiS et 638 en 1916 ; l'Algérie, i33 navires en 1916 ; la Grande-Bretagne, la Grèce, la Turquie, l'Italie, le Chili, les Pays-Bas et le Maroc.

L'Espagne envoie, à Port-Vendres, des vins de li-

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queur et des vins ordinaires, riches en alcool, destinés aux fabricants d'apéritifs. Elle expédie aussi des pyrites de fer que traite Tusine de Paulilles. La Grande-Bretagne achète les minerais de fer et livre le soufre brut que raffinent des usines des Pyrénées-Orientales pour les besoins du département. Le Maroc reçoit, par Port-Vendres, des matériaux de construction.

Le Levant fournit des caroubes pour les bestiaux, des vins et des mistelles. La Russie et l'Autriche livrent des bois de construction.

Mais ce sont les échanges avec le marché intérieur, par cabotage, les relations avec l'Algérie qui entretiennent surtout l'activité du port.

Le cabotage fournit presque le tiers du trafic total : 28.000 tonnes environ sur 89.000.

Il se fait surtout avec nos différents ports méditerranéens, Marseille principalement. Assuré par les services réguliers de i4 vapeurs, il porte, à l'entrée, sur les céréales, son, savon, futaille, fourrage, huile. A la sortie sur les poissons salés, les bois communs, les tartres, le talc, les sandales, les vins, les minerais de fer.

Les expéditions par cabotage, arrêtées par la guerre, reprenaient en 1920 d'une manière évidente. C'est une tendance qui s'amplifiera proportionnellement à l'essor de l'activité industrielle de la Catalogne française.

La Catalogne française, malgré sa faible superficie, est si active, que ses industries suffisent à faire vivre un petit port. Les matières dont elles ont besoin, la houille d'Angleterre en particulier, et plus encore les produits qu'elles fabriquent, transitent

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à Port-Vendres qui est leur débouché avec la voie Perpignan-Narbonne.

Ce sont : l'usine de dynamite de Paulilles, près Port-Vendres ; les scieries de Port-Vendres et de Perpignan, qui reçoivent du bois ; les maisons de vins de liqueur (Byrrh, Banyuls), qui importent des vins d'Espagne ; les ateliers de salaisons de Collioure ; les tanneries de Perpignan et de Prades ; les fabriques de bouchons de liège, de papier à cigarettes, d'espadrilles ; les maisons de bois de charronnage ; enfin et surtout, l'exportation du minerai de fer.

On sait, en effet, que dans les parties accidentées de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales se trouve un bassin d'une constitution essentiellement irrégulière, mais dont le minerai de fer est particulièrement riche. Les réserves en sont évaluées entre 60 et 100 millions de tonnes. L'exploitation des concessions a été très contrariée par des grèves. La production était de 340.000 tonnes en igiS et 2i3.ooo en 1920. Ces minerais, purs de tout phosphore, avec une teneur en manganèse de 3 à 4 %, conviennent plus spécialement à la fabrication des fontes de preràière qualité et des produits finis. Ils sont tout particulièrement recherchés par l'industrie de l'automobile et pour l'artillerie. En raison de leur richesse, ils sont utilisés par les usines métallurgiques du Centre et même, ils vont, par mer, jusque dans le Nord et dans le Pas-de-Calais .

En 1913, sur 39.409 tonnes exportées à l'étranger, 29.230 étaient fournies par le minerai de fer, dont 19.490 destinées aux Pays-Bas, 6.760 à la Grande- Bretagne et 2.990 à r Autriche-Hongrie.

Par ailleurs, les relations maritimes de Port-Vendres en font uniquement un port méditerranéen.

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L'avenir de Port-Yendres.

Port-Vendres détient une place à part dans les relations franco-algériennes. Situé à la latitude la plus méridionale de la France continentale, Port-Vendres est de nos ports le plus proche de l'Algérie et principalement d'Oran. Ce fait, sans conséquence pour les marchandises, est apprécié par les voyageurs. Aussi, la Compagnie du Midi, d'accord avec la Compagnie de Navigation mixte, a-t-elle organisé des voyages rapides. Notamment, chaque semaine, un voyage aller et retour pour Alger et un autre pour Oran. De Port-Vendres à Alger, la traversée ne demande que 22 heures et 28 heures de Port-Vendres à Oran. Le nombre des voyageurs qui utilisent le port est considérable : i^.ooo en igoS, 39000 en 1912 (19.000 à l'arrivée, 20.000 au départ), 28.000 en igiS. Depuis 1880, Port-Vendres est tète de ligne d'un service postal avec l'Algérie.

Cette importance de Port-Vendres comme point de transit pour les voyageurs n'exclut pas, bien au contraire, des échanges commerciaux actifs. La part de l'Algérie dans le trafic total est considérable ; 18.771 tonnes en 1912, 22.807 en igiS. Les sorties en constituent le tiers. Les entrées portent sur les avoines, le blé, les fèves, le liège, l'écorce à tan, le son, le poisson en saumure, les fruits frais, les mistelles, pommes de terre, légumes frais.

Ces échanges seraient certainement plus actifs si Port-Vendres ne s'était heurté à des conditions particulières de concurrence.

D'abord, la concurrence de Marseille. Avant l'application des conventions de 1896- 1898, c'est-à-dire

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depuis une vingtaine d'années, la voie de Port-Vendres a été à peu près exclue du trafic franco-algérien, à cause des dispositions même du contrat intervenu entre le Gouvernement et les Compagnies de navigation marseillaises. Ces Compagnies, en effet, consentirent bien à organiser deux services hebdomadaires, mais, en échange, firent insérer dans la convention une clause par laquelle l'Etat s'interdisait d'en subventionner toute autre sur le parcours déjà concédé. C'était évidemment réduire au minimum les services que Port- Vendres pouvait rendre à l'Algérie.

Enfin, la Compagnie du Midi elle-même, dans le passé, a désavantagé, par ses tarifs, Port-Vendres à l'égard des autres ports méditerranéens. Pour supprimer tout le bénéfice de l'utilisation du canal du Midi, elle a concédé des réductions de prix de transport par chemins de fer allant jusqu'à 5o % sur certains produits, pour les marchandises débarquées à Cette, Agde, la Nouvelle, à destination de Narbonne, Toulouse, Bordeaux. D'où de continuelles mais stériles réclamations. Aujourd'hui, il n'en est plus de même. La Compagnie du Midi, en 1921, a pu, après autorisation, supprimer ces tarifs spéciaux.

Les négociants en primeurs d'Algérie réclament trois services hebdomadaires d'i^lger et d'Oran sur Port-Vendres, afin que leurs expéditions puissent arriver à temps pour alimenter les marchés du Centre et de l'Ouest, ou même, après transit en France, atteindre le marché de Covent-Garden à Londres.

La rapidité du transport intéressant beaucoup plus encore les primeurs que les voyageurs, il semble que Port-Vendres doit recueillir de ces nouveaux transports de nouveaux profits. La Compagnie du Midi, en 191 9, voulait établir sous sa direction des relations

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maritimes régulières, et, à cet effet, prévoyait la construction de trois navires de o.ooo tonneaux, filant 17 nœuds et capables de transporter 600 passagers et 200 tonnes de marchandises. Faible tonnage, mais il faut se rappeler que les primeurs ont beaucoup de valeur et très peu de poids.

Le trafic de Port-Yendres classe cette localité à un rang modeste. Cependant la nature de son activité, et surtout de ses possibilités d'avenir, lui donnent une importance non négligeable parmi nos ports secondaires. Il mérite de retenir l'attention, il est susceptible d'accroître son activité surtout à partir du moment où les voies ferrées du Maroc seront terminées. L'essor du Maroc doit assurer celui de Port-Vendres. Les intérêts du port sont bien défendus et des progrès considérables pourraient être relevés, sans la crise économique et l'incertitude du futur régime du port.

Le règlement précisant les modalités d'application de la loi sur l'autonomie a paru le 28 septembre 1921. Permettra-t-il des initiatives, interdites dans le passé ? Malgré tout, le développement de l'industrie catalane, de l'extraction du fer des Pyrénées et des relations franco-algériennes assureront à Port-Vendres un trafic grandissant. Port-Vendres est le reflet de la région catalane qui, dans les divers domaines de l'activité humaine, a toujours été à Tavant-garde des régions méditerranéennes. Port-Vendres peut être cité comme exemple de ce régionalisme réalisateur, dont nombre de bons esprits attendent l'œuvre d'organisation économique. La cité compte parmi ses fils, des hommes avisés, ayant une situation qui leur permet de jouer un rôle utile et bienfaisant dans le présent et pour l'avenir de Port-Vendres.

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