‹ Ceux qui s'en vont, 1895-1904Chapitre 42 sur 48 · DANS LE CLERGÉ FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DANS LE CLERGÉ FRANÇAIS

. Le Congrès Unitaire, qui s’est tenu, en 1903, à Amsterdam, avait fait appel aux hommes de toutes les convictions religieuses. Le directeur du Chrétien Français, invité à parler

sur l’Emancipation de la pensée religieuse parmi les prêtres, a cru devoir répondre à cette invitation dans l'intérêt de . l'Œuvre qui lui est chère. Voici le discours prononcé dans l'assemblée du 4 septembre.

Messieurs,

Vous avez bien voulu me donner une place dans votre Congrès et vous me faites l'honneur de m'écouter. Je me demande encore à quel titre je suis ici à cette tribune.

Hier, prêtre de l'Eglise romaine, j'étais esclave de

. P'Orthodoxie. On nous appelle les « évadés » et l'on a bien raison. Nous n'avons pas brisé les barreaux de fer

(1} Pour les autres consécrations, qui ne peuvent trouver place dans ce volume, nous renvoyons à la collection du Chrétien Franais.

d'une lucarne pour nous échapper de notre prison, mais nous avons du refaire notre éducation, marcher sur notre cœur, briser notre carrière, fouler aux pieds: l'opinion et les mille préjugés d’une société, hostile à droite comme à gauche, pour arriver à cette liberté que vous avez trouvée, vous, dans votre berceau.

Pour arriver à la liberté des enfants de Dieu, j'ai passé par une douloureuse crise religieuse qui a duré dix ans. De trente à quarante ans, j'ai connu ces horribles angoisses. de la lutte d’un cœur contre sa conscience et je suis sorti de là libre, mais meurtri et brisé, tellement dégoûté de la vie, qu'il m'a fallu encore plusieurs années pour apprendre à espérer et croire encore que cette vie avait quelque chose de doux à me donner et qu’elle valait la peine d’être vécue.

Il faut avoir connu ces angoisses pour comprendre avec quelle émotion je parle aujourd’hui dans un congrès qui a pour but « l'émancipation de la pensée religieuse »,

Sans doute, je ice à la franchise de dire avant tout que je ne suis pas complètement des vôtres. J'ai beaucoup gardé de la foi religieuse de mon enfance. Je prie encore comme je priais sur les genoux de ma mère, je place mon espérance dans le même évangile, je n'hésite pas à me prosterner aux pieds de Jésus et à lui dire Mon Seigneur et mon Dieu.

Mais si l’on me parle encore d’orthodoxie, de doc

trines humaines imposées à ma foi, d’infaillibilités quelconques tombées du Vatican ou expédiées de Genève, élaborées en conciles ou en synodes, d’une parole dictée par le Ciel dans une bible ou une encyclique je me révolte alors au souvenir de mes angoisses passées, | et je proteste avec la parole de l’'Apôtre: Verbum Dei

non est alligatum. On n'enchaîne pas la parole de Dieu, pas même avec des mots.

Je ne vous ferai pas le récit, Messieurs, de ce que j'ai souffert pour l’affranchissement de ma pensée religieuse. Il me suffira de vous dire en deux mots: Je n'ai pu briser mes chaînes qu’en brisant mon cœur. Et lorsque j'ai cru en avoir fini en rompant le dernier lien qui m'unissait à Rome, il m'a fallu alors recommencer à lutter pour cette même liberté dans le protestantisme. Et en disant cela, je ne crois pas faire injure à aucun

protestant, car le protestantisme est mieux encore que

la lance d'Achille: non seulement il guérit les blessures qu'il fait à la liberté, mais sa jeunesse, comme celle de l'aigle, se renouvelle dans cette lutte et y fait, à chaque illusion qui tombe, un nouveau pas vers son Dieu en même temps que dans la liberte.

Après ces dures expériences, il devait nécessairement me rester au cœur un besoin et une ambition: le besoin d'oublier le passé dans une œuvre qui

absorberait toutes mes pensées, toutes mes énergies; . l'ambition de faire partager à mes frères du clergé la joie et la paix de mon affranchissement. Voilà pour- … quoi j'ai fondé le journal Le Chrétien Français. Voilà pourquoi j'ai fondé l'Œuvre que l’on a si bien nommée des Evadés, pour aider les prètres désabusés à s'établir dans la vie civile selon la liberté de leurs convictions religieuses.

Pourcette œuvre, je me suis d’abord adressé à l'orthodoxie protestänte, où j'ai rencontré des personnalités très respectables, des chrétiens d'élite et d’un dévouement au-dessus de tout éloge. J'ai été fort bien accueilli ét traité même avec beaucoup d'honneur, jusqu’au jour où j'ai émis la prétention d’avoir une idée personnelle

et d'écrire selon ma conviction. Alors je me suis trouvé en présence de quelques pasteurs — en très petit nom- . bre, je dois le dire — dont les prétentions pontificales ne me paraissaient avoir ni la majesté ni l’auréole des tiares et des mitres catholiques. Alors je me suis révolté, car ce qui m'avait paru dans l'Eglise de ma naissance

un anathème redoutable ne me faisait plus l'effet desor-

mais, hors de cette Eglise, que d’une petite chicane théologique.

À cette rupture, mon œuvre a beaucoup perdu au point de vue financier, mais elle a beaucoup gagné en estime et en amitié. Les prêtres ont compris que nous

représentions vraiment la cause de la liberté, que nous

n'étions au service d'aucune secte, d’aucune coterie,

et ils sont venus à nous, je dirai sans exagération, .

en grand nombre. C'est de cette époque que date le succès du Chrélien Français. Un millier de prêtres n’ont pas reculé devant les risques d'un abonnement ; ceux qui se le procurent dans les librairies et les kiosques, ou par des intermédiaires, sont sans doute plus nombreux encore. Notre correspondance est là pour l'attester.

Les évadés peuvent se diviser en trois catégories : I. Ceux qui sont arrivés au doute par la révolte

contre le célibat ecclésiastique. Ceux-là sont nombreux.

Les cléricaux affectent d'en rire en répétant un mot

célèbre : « Cherchez la femme! » Le peuple ne rit pas, il hausse les épaules car il sait que, dans les sacris-

ties et les confessionnaux, il n’est pas nécessaire de

chercher.

J'estime et je respecte ceux qui sont venus à la lu-

mière et à la liberté par la voie de cette révolte, mais

= jé crois qu'il y a une autre voie plus élevée et plus digne-de notre confiance, j'en parlerai tout à l'heure.

. II Une deuxième catégorie est celle des prêtres qui ont été révoltés par le despotisme épiscopal. Cette autorité a toujours été pour moi douce et paternelle, je le reconnais, mais je dois aussi avouer que souvent elle devient dure et despotique, en France surtout, où la sagesse des lois canoniques a été méconnue par les usurpations épiscopales du Concordat.

Cette catégorie de prêtres est sans doute fort intéres- Sante, mais elle ne doit pas nous inspirer une grande confiance. Ces hommes demeurent trop souvent des aigris, irréconciliables ennemis de toute autorité. Dans

Ja politique, ils iront à ces excès où les haines sociales inspirent les plus redoutables anarchies. Dans le ministère, ils ne feront que ces évangélistes au zèle amer et rancuneux, batailleurs violents, qui font plus de bien - que de mal à l'Eglise qu'ils veulent détruire.

III. Enfin il y a la catégorie de ceux dont la pensée religieuse a lentement évolué sous l’action du raisonnement, de l'étude et surtout de l'expérience. Ceux-là ont nécessairement passé par une crise de conscience qui a … refermé derrière eux la porte de toutes les orthodoxies. … Je ne cesserai de le répéter : on ne sort pas d’une ortho- … doxie pour entrer dans une autre (1). Le mystère du dogmé, la magie du sacrement, le fétichisme du prêtre, | tout cela est l'enfance d’une conception religieuse sur Jaquelle l'humanité parvenue à sa majorité ne peut pas

revenir.

. (1) Le mot «orthodoxe » est tombé dans un tel discrédit en France, que les pasteurs de la droite le rejettent et préfèrent se

dire « synodaux ».

us 1 k 16.

Si parmi nos évadés j'en ai rencontré qui s’arrêtaient

à mi-chemin, j'ai presque toujours constaté que des:

causes secondaires expliquaient ce phénomène. Ou bien ils avaient été arrêtés dans leur évolution par un classement prématuré, parmi les partis ecclésiastiques qui leur avaient donné une position ; ou bien ils n'avaient jamais été que des sceptiques à la recherche d’une position sociale. Il existe en effet une classe de prêtres que l'on appelle dans le clergé les « gyrovagues ». Ce sont des prêtres errants, sans diocèse, sans position fixe, à la merci des évêques qui les placent ou leur retirent leur gagne-pain selon leur caprice, rebut ordinaire des con-

grégations religieuses et qui, à force de voir se fermer

devant eux les portes des diocèses, ont fini par aller se réfugier chez les protestants, acceptant toutes les confessions de foi, et subissant tous les baptèmes pourvu qu'on leur donne une position.

Le protestantisme a été trop accueillant pour cette categorie de prêtres, et si, nous, les « évadés », nous luttons parfois contre la méfiance de l'opinion à cause de notre passé, c'est à leur triste expérience que nous le devons. On comprend que ceux-là ne se sont pas gênés pour nous dénoncer comme hérétiques. Ils avaient tout

intérêt d’ailleurs à détourner l'attention de leur personne

en la portant sur nos doctrines.

Il peut encore se rencontrer d'anciens prêtres qui sont arrêtés dans leur évolution par un classement prématuré. L’évasion se fait souvent logiquement et progressivement. On rejette le pape en se réfugiant dans les conciles. On s'aperçoit bientôt que les conciles sont une

règle de foi aussi fragile; on prend alors la Bible et on en fait un « Pape de papier ». J'ai lutté dans le protes-.

tantisme contre cette tendance à étouffer l’évolution reli-

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gieuse des prêtres, sous prétexte de la diriger. J'ai vu qu'il y avait parfois un parti-pris de les accaparer, dès leurs premiers doutes et de les enfermer dans certaines écoles, où la sincérité scientifique est contrôlée par l’orthodoxie. J'ai vu que certaines Facultés étaient mises à l’/zdex, j'ai vu que certains professeurs étaient signalés comme de antéchrists dont il suffisait de prononcer le nom pour être suspect, j'ai vu que dans certaines bibliothèques on faisait un choix des ouvrages permis et de ceux qui étaient défendus, j'ai vu cela et j'ai été révolté, car j'ai cru reconnaître l'esprit sectaire de ce Syllabus que j'avais cru fuir en sortant de l'Eglise romaine.

I m'en a coûté d’avoir affiché ma reconnaissance et mon amitié pour le doyen Auguste Sabatier et mes maîtres vénérés de la Faculté de Paris. J'ai trouvé là un protestantisme large et vraiment libre qui ne m'a point - fait regretter ce catholicisme moderne, lequel tend toujours à s’acclimater avec la science et qui permet aux . Loisy, aux Klein, aux Duchesne, aux Denis, et aux Houtin, de vulgariser la science de nos savants protestants parmi le jeune clergé catholique.

Avec le respect de la conscience individuelle, notre œuvre a déjà fait beaucoup de bien dans le clergé et elle est appelée à en faire plus encore.

Malgré les soins apportés par les évêques, la lumière pénètre dans le jeune clergé. Le catholicisme français ‘dans le x1x° siècle n’a eu que deux hommes vraiment marquants : Lamennais et Renan. Ils ont dû sortir. Lacordaire et Montalembert, Didon et Bougaud n'ont été autre chose que de brillants orateurs et des littérateurs de premier ordre.

Mais toutes les fois que le catholicisme a abordé la

science, la science lui a été fatale. Le chanoine Dællinger et l'abbé Renard ont dû sortir; en France on se demande encore aujourd’hui ce que feront les abbés Loisy, Hou- . tin et tant d’autres pour s’acclimater sous le ciel romain malgré leur science.

I ya même ceci de remarquable, c'est que la réforme catholique ne s'arrête plus à mi-chemin comme du temps de l'abbé Chatel, du Père Hyacinthe et des Gallicans, mais elle tend du premier coup à devenir radicale. ;

L'enseignement des séminaires est désarmé devant les résultats de la science moderne. Nous sommes actuellement dans une période où l’on essaye, où l'on espère encore la conciliation de la science et de l’orthodoxie canonique, de la critique et de la scolastique. Cette illusion généreuse sera de courte durée. Elle en a brisé quelques-uns comme les abbés Grosjean et Sifflet. Mais le jour viendra où le Romanisme devra ou marcher, c’est-à-dire se renier, ou renoncer à toute science, c'està-dire se momifier. Dans les deux cas, c’est le suicide.

Voilà ce que voit, ce que dit même hautement le jeune clergé. Il n’y a qu'une théologie catholique — il ne peut pas y en avoir deux — celle qui se prouve (1° Scriplurä Sacrä : mais plus de théopneustie, plus de valeur dogmatique ; 2° T'raditione et historiä, dont l'évolution et la critique ont bouleversé les données ;. 3° Ralione, mais une raison si peu démonstrative, que

la scolastique elle-même l’appelait : Rationes convenientiæ).

Avec cet enseignement, en présence de la critique. s

vulgarisée aujourd’hui jusque dans les journaux à cinq. centimes, on n'aura plus désormais que deux classes de. prêtres : les sincères, qui seront les ignares et les fana-

tiques ; les habiles et les diplomates, qui seront les sceptiques. Les autres ne seront plus que des adminis- trateurs.

Fidèle à son unes de favoriser parmi les prêtres l'émancipation de la pensée religieuse, notre œuvre a fraternisé avec le néo-catholicisme qui a des tendances scientifiques. Nous l’avons fait avec prudence; malgré cela, des prêtres distingués, comme l'abbé Denis et l'abbé Dabry, ont été dénoncés comme se rapprochant | trop de nous; l'abbé N. a été frappé d'interdit.

Toujours dans le même esprit, nous avons favorisé les efforts du clergé anti-concordataire — comme le curé … de Belmontet — pour fonder un clergé national. C'était

- encore un commencement d’affranchissement de la pensée religieuse. Tout ce qui brise la puissance romaine est un premier pas dans la liberté et par con- … séquent vers la lumière. Il faut croire à la logique et

» tout espérer de celui qui rompt le premier anneau de la chaîne, quand même comme Luther il ne nierait que ‘ les Indulgences,

C'est ainsi que nous sommes arrivés à la grande discussion qui divise actuellement en France les intellec- - tuels les plus distingués : Ja Religion laïque. « Ni prêtres, ni dogmes, ni sacrements », nous disait-on, mais on ajoute aujourd'hui : « Excluons même le mot . de religion, il conduit fatalement au cléricalisme. » | Notre œuvre a eu pour adversaires sur ce terrain

d'anciens prêtres fort distingués : MM. Charbonnel,

Guinaudeau, Marcel Hébert... Ils entrainent après eux - aujourd'hui un grand nombre de nos évadés, peut-être

la majorité.

* On comprend que, parmi les hommes qui ont beaucoup souffert à cause de l’idée religieuse, il se trouve

de ces esprits aigris qui finissent par tout hair de la religion, même le mot. Mais nous croyons que ce n’est là qu'un moment, nous attendons la réaction.

Je ferai d’ailleurs remarquer que les évadés qui ont marché à la tête de ce mouvement comme MM. Charbonnel et Guinaudeau, Renard et Ledrain, et tout dernièrement Marcel Hébert, sont précisément des prêtres qui ont été spécialement voués à l’étude ou à l’enseignement, mais qui ont été étrangers à l'expérience populaire du ministère pastoral.

J'en appelle à ceux qui, comme moi, ont connu l’activité apostolique des villes et des campagnes, et je puis citer des évadés fort distingués : MM. Philippot, Vi-

dalot, Joye, Nardon, Bourdery, Dumont, Gœærung, Granjon, Mouraux, Arnaud, Besnard, Lamothe, Sallé — pour ne nommer que ceux-là — qui se sont faits les apôtres de l'idée religieuse et qui sont aujourd'hui, dans l'Eglise réformée ou dans la Presse, nos meilleurs frères d'armes.

Nous connaissons de près le peuple français, et nous pouvons affirmer qu'il est anticlérical mais non antireligieux. Il est incontestablement revêche à la vieille forme huguenote, mais il veut d’un christianisme laïque. « Guerre aux prêtres », telle est sa devise, mais il veut l'instruction religieuse des enfants, il veut une bénédiction nuptiale, il veut une prière sur les tombes. Je défie nos modernes politiciens d'entraîner le peuple dans la voie de l’irréligion, et je proclame avec M. Combes — un évadé de marque, celui-là — la nécessité de l’idée religieuse dont les peuples ne sauraient se passer, sous peine de se dégrader.

Pour cette œuvre, nous sommes franchement venus

au protestantisme et nous ne le regrettons pas. On nous.

a demandé d'entrer pleinement dans la peau des vieux huguenots. Nous nous y sommes refusés. Ceux d’entre nous qui font aux protestants cette flatterie nous surprennent étrangement. La gloire des huguenots est d’avoir ouvert une voie à la pensée religieuse et non d’avoir bâti une cellule plus large à côté de celles que le catholicisme tenait en réserve à la pensée religieuse. Les catholiques qui ont marché ne peuvent se rencontrer qu'avec les huguenots qui marchent.

Notre œuvre a eu l'honneur de contribuer à transformer en pasteurs réformés une douzaine d’anciens prêtres. Aujourd'hui, après les mesures rigoureuses

: prises par les consistoires, les anciens prêtres qui de-

viendront pasteurs seront de plus en plus rares. Des hommes de trente-cinq à quarante ans consentiront difficilement à faire encore quatre années d’études.

Ce qu'il faut, ce qui est le plus pressant, c’est de procurer du travail aux évadés qui ne veulent plus manger le pain du mensonge et de l'hypocrisie, mais qui veulent vivre à la sueur de leur front.

Depuis sept ans que le Chrétien Français existe, nous avons été en relations avec un millier de prêtres et de religieux presque tous affranchis aujourd'hui. Nous en avons secouru environ cent quarante,

* On nous demande si tous sont conyerlis. Nous ré-

… pondons : Oui, si vous appelez convertis ceux qui ont - renié toute hypocrisie et qui ont fait de la sincérité

Punique dogme de leur religion. Nous répudions éner-

* giquement ceux qui prétendent donner des bons de

pain avec un placet théologique. Cette prétention a déjà suscité dans la presse des protestations indi-

| gnées.

Voici ce qu’on lit dans la Réforme de la Nièvre du

26 juillet 1903. L'auteur ne SaHen te pas à à qui s’ a

a fait ses confidences à un socialiste: =

vrier ou une jaquette d'employé.

Ceux-là sont plus nombreux que la minorité qui se ne au protestantisme.

Plus d’un voudrait faire entendre sa voix pour aténes les honteux trafics dont leurs consciences de cie 10n nêtes ont été l’objet depuis leur sortie. /

Il m'est arrivé de lier conversation avec quelques-uns peintres, cochers, représentants de commerce, com luttent pour la vie. Ce n'est pas sans surprise que j'ai en du de leurs bouches des paroles amères contre les protes tants qui ne les trouvent pas assez convertis et Contre catholiques d’étiquette qui se méfent de tout défroqué veulent pas de leurs offres de travail. Ils pensent — ave justice — que ces évadés ont dû perpétrer un crime, ca

vernis de l'hypocrisie.

Etils les repoussent, les ADO et les fuient. Cépéis ils ont droit à la vie et au pain du jour !.

Ne parlez pas de ceux qui, comme Ledrain, Charbonnel Guinaudeau, occupent des emplois qui les mettent à l'a ri de la faim, mais parlez de ceux qui, novices à la vie réelle

désemparés, montrés du doigt, quémandent un morcea pain et de la considération |!

‘rés, mettre la maïn sur le col des val et leur dire : à chez où nous voulons : convertissez-vous à Dieu et à C ou bien vous mourfez de faim ! Il eût valu mieux pour. VO

Ce:

de rester dans la religion romaine que de venir grossir le, envahissant des protestants semi-athées qui ne veuler de Christ-Dieu ! »

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