TOUR DE COCO-LOUVRIER
ette antique poivrière bâtie sur les murs romains de la ville paraît avoir été ainsi élevée à cette place pour servir d'observatoire militaire. En effet de la hauteur de ses fenêtres la vue commandait le cours de la Saône et le pont de Saint-Laurent, le seul côté par où l'ennemi traditionnel, venant de l'est, pouvait aborder la cité chalonnaise.
Il y a cinquante ans environ, cette tour avait acquis une sorte de notoriété légendaire, sous le nom de tour de Coco-Louvrier.
Les rares survivants de ce siècle ont tous connu un groupe d'originaux, sortes de fous populaires qui égayaient les rues : les Paulot, les Mallet, la Paperet, la Manon et surtout Coco-Louvrier; tous ont disparu sans successeurs.
Coco-Louvrier résumait une de ces rares figures que Balzac seul aurait su peindre : aussi je n'ose raconter la tournure de cet étrange bonhomme monté suides jambes grêles, enguêtrées suivant l'ancienne mode ; son corps chétif était enfoui sous les plis d'une longue redingote à la couleur indescriptible, au collet graisseux, ou bien sous un vaste carrik noisette. Il avait la tète encapuchonnée d'un bonnet noir fortement rabattu pour dissimuler un œil éraillé ; une longue queue de cheveux
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