LA LEÇON PENDANT LES VACANCES
LE WAÎTr-E, lisant. — L'altitude du Péloponèse dans celle iiuerre... [Haut.) Mon ami. veuillez me prêter quel-iue altenlion!
— Allez toujours, inonsieur, je vous écoute ; allez toujours 1
— lli! bi! iiianian, lais-c-nioi n:cllre mes elïcl?!
— Du tout, mon enfant, il laql prolilor des vacances pour ménager la luninne, afin «pie je ne ^ois pas obligée de l'en acheter une neuve peur la rer.liéc-.
— Polisson? lu me demandes de largenl pour le bain et tn le dépenses au café!
— .le l'assure que je ne lai pas trompée! je me suis fait î^ervir le liaiu de pied par Icgaryoïi ; vois plutôt 1
— Comment ! vous ne voulez ^las lr:ivaillor. petit cancre! vous voulez flonc rester une bèlc toute votre vie?
— Oui. qiinnd je serai lièLe , on nie niellra au jardin (raiTlimatatinii : c'c^i une position, ea. ol j'adore le Itois de lîouloone.
— l'ère Maliiiniii. voiti mon (ils qui a obtenu un prix...
— Tiens ! faut que je lui fasse faire connaissance avec mon porc, qui en a eu un aussi, ça lait qu":ls sont camarades
eiisendde.
— ricoitrcs, veux- lu bien te soutenir! .le vous dcmancK' un |»eu ce que cela peut lui faire à cet indx'cile. (pie M"" E-lelle se soit niari('e pendant son abM^ice?...
— Mais cesl uni^ borreur!... je le demande ce que tu as appris à ton collé<ie. et tu me saules siu' les épaules !
— Maman, la i;ynniastique fait aujourd Imi partie de l'éducation (|iu^ l'on reçoit dans les lycées.
— Maman, je nienniue! lu sciais liien nimablo flo jiic lonner une feuille de papier blanc.
— Pour le l'aire un chapeau?
— Non. pour me faire dos ciiiareUcs!
r.E PÈRE, terrifie. — l^li hion, mm. lu n'auras pas de n'péliteurpour te faire travailler pendant les vacance?., eh hien. non... eh hicn non '.
Mon ami, pourquiii tourmenlor la sœur?
Ta nie sonlaire... je n'ai plus mon pion sous la main'
— Voyons, mon ami, avaal de vous interroger... quavezvous vu principalement dans votre année scoh\ire?
— PriniipalemiMil ■?... mais de<; haricots, j en ai \n toKsIes jours.
— Je vais lo tloiincr un professeur ijiii l • donnera qnclrpies leçons pendant le mois .le septembre.
I.'r.rKVK, à part. — r/e>t bien dur, quand on n'a rien fail pendant toute lanni'e. d'rtre ohlijr(' de travailler encore pciidaiil les vacances!
— Vilain pnrc«-~cu\l tu t"estinies lieureux de n'avoir pn« eu de prix?
— Ma foi. nui : j ainais peul-i-ire t'ir lenti' de les lire!
— Ili' lu! iii ! je ne peux pas jouir <le niC'^ vacance^! lli! lii! lli! il ne fait que i)leuvoir!
— lnd)tH:ile! ne pleure donc pas alors... tu vni>< qu'il y a avsez d'(>.TM -ans que lu t'en mêles!
— ^llis donc, je SUIS joliment content. J'ai entendu dire que papa joue à la lîourse et qu'il y perd tout son argent : peutêtre que l'amiée prochaine il n'aura plus le moyen de nie laisser au coUcge; quelle chance!
— Brijiand d'cufanl ! mon joiiriial .|iie je n'ai pas oncnro lu ri ([nfije cliercbo ]nrlnii| '
— Vos parenls tU'sirent .inc 'y vous fasse un peu Iravaillcr pendant les vacances; il Tant que je sache d'al.ord ce i|iie vous avez étndir pendant le cours de r<\nn''«\
Monsieur, i'ai rludi»' la i|uesti->n roiv.aine.
l'"' coi.LÉr.iEN. — Dis donc, si nous enlrlons là dedans pour i;a|>ner de larf^enl?... Combien que t'as dans la poche?
"2" COLLÉGIEN". — Jai viuîrt-trois sous.
l«'cou.F.cu\. — It moi deux francs, c'est pas assez.
•2- çoLLÉGu.N. — si, que tes bête! j'ai entendu dire à papa qu'il y avail dos gens qui avaient fait lorlunc là d<> iaii>^ ;iV''c rien du tout.
— Mais que>t-ce que tu lis si :illenlivenient dans li-
journal?
Pap:i. je chenlie dr.ns les décès pour voir si je ne trouverais pas celui de mou maître de pension
AL r.KSTALliA.M,
i.L GAij.oN. — Oiie servirai-je à ci'< mc-ML-iirs? I E cor.LKGiEX. — .1 veux d' tout !
— l>i; donc, iuainan?
— 'Jiioi, mon euranl?
— Jo suis sûre <[ue lu ne vouilia- j).i>...
— !'ai"le louj(tur.>. ^
— Je voudrais ijue lu me nielles dans une pen^ion de 'j.mtons ! ...
toiulions du maitre df latm (Munionc à la cani|)ai:ne ])oui- Taire travailler le fils de la maison i)cndant les six semaines de vacances.
— Mo:i ami. adièle-lni un chapeau ou une casquette puur ses vacances.
— .\llons dopc! sa pension lui a donné une couronne; je pense que c'est p;>;n" qu'il la porte : les empereurs rom.iins ne porlaienl pas aulre ch )^e. cl rin>loire cependant i:e parle pas de leurs rhumes de cerveau !
— iiMicz! voilà inuii lils : il ua [);i< (ilitciiii un ^clll^lli\l
— Oh! quelle injustice !... on anrail dn lui donnei' ;ni moins le jn'ix de saiilé.
Connnciirant à sinnnixci' de Iroj) >"alllU^Cl
— .Mon lils r.c junil pas apprendre son alpliaiiel, il n'a pas de mémoire!
— Alors railes-oii un uttrlior : ils relionutMil lonles les li'lUvs.
— Allou>, voyons. \ous avt/. assez maillé comme ra ; von> voulez donc vous donner mie indii;cslion?
— Ili! Iii! c'est pas ijue j'ai laim ; mais il y a aujourd Imi IV'le aux (:ii;nnps-Elyséos. j" veux cire bien lourd pour i|uan 1 je nio l'erai poser... j" veux l'aire li nnieui- à papa.
— AUendez un instant, maman, pour quo je puisse essuyer mes mains, qui sont pleines de confitures,
— Allons, bon ! voilà une nouvelle idce... aller se débnrbouiller dans celte cuvette... lui qui. à la maison, ne se lave jamais
— Charles, je veux que lu profiles des vacances pour apprendre la musique ; quel instrument veux-tu? le lla<;eoletV
— Oh ! non, pas le flageolet... ça me rappellerait trop les
liaricols du collège 1
— Quelle fatalitT', d'avoir ce drole-là en vacances! lia lail tant de train dans la maison, qu'il a attiré sur moi l'attention du propriétaire, qui ;iv;iif oubli»', jusqu'ici, d'augmenter mon loyer !
— Méchant polisson! veux-lii bien no pas faire enraj^er ta petite sœur !
— Maman, laisse-moi, je n'ai plus que jusqu'au premier lundi d'octobre.
— Tu ne veux pas rentrer en rlns^e ! tu ne veux donc rien savoir?
— Maman, je ne suis pas curieux.
— Françoise, donne-nous pour dlncr de la choucroute et beaucoup de gâteau de plomb, je l'en supplie...
— Mais, mon enfant, ça vous fait mal : la dernière fois que vous en avez mangé, vous avez été quinze jours dans votre lit !
— Justement, imagine-toi que c'est lundi la rentrée des cla^sses.
— Est-il heureux, celui-là... il ne rentre pas au collège, lui !... Papa, j' ten prie, laisse -moi être domestique aussi !
Le jour l'utiil !
Un relardalaiie.
L'institulion Piédeloup remeltant ses élèves au régime des racines grecques et des haricots Iranyais.
Li; I.KNUK.MAI.N ut LA UENTRÉi; DtS VACANCKS.
Cristi ! comme c'est loin maintenant, les fêtes de Pâques !