EN CIIKMIX DE FEU
- Grand Dieu ! monsieur, votre fusil qui vient de partir '
- Lxcusez-le, niadame. il a entendu le si-nal du départ:
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Il a cru que c était pour lui I
— Mon L-liien ?
— Voilà, monsieur... il a eu rimpni.li-nce desj bitlre dans ;on box avec un chien plus Tort que lui!.,.
« - Tiens I mais je croyais que vous ne tlias>iez jaInai^?
— C'est vrai; mais, depuis l'affaire Jud, je fais s-omLlant (i'êlrc chasseur, pour avoir un prélexle île vov.'gcr en chemin de fer avec un fusil.
— Faut-il qu'il soit égoïste ! il va s'amuser, et il me laisse là tout seul! Une pensera seulement pa>; à m'envover du gibier... un ingrat auquel je fais un nont !
Courses d'automne
— Tu vas à la chasse à c'Ic heure habillé en carde national?
— Mon uniforme ma porté bonheur à la cible du tir national; je ne tirerai plus jamais un coup de fusil sans l'avoir endossé.
— Ne boujifoz pas, vous allez le faire sauver! Je l'îillr pcrai peut-être !
— Conunent ! vous allez chasser toute la journée avec votre liisil dans un étui!
- Mais certainement! c'est mon f„sil neuf, et ie n'ai pa. envie de 1 abîmer d'un temps pareil!
INCO.WÉNIKNT DKS AKMI S A 1 OMU K IMUitr.
Vous arrivez pour ramasser le gibier que vous avez tué j trois cents mètres, un voleur vous l'a déjà emporté depuis plus d un quart d'heun-.
— Mon ami, il était inutile de rapporter cela, tu as tout ce (jiril faut à la maison
— ^ entrebleu: monsieur, je ne vous connais pas, laissez-moi tranquille !
— Monsieur, je suis avocat, et, comme je ne veux pas me rouiller pendant les vacances, permeliez-moi de plaider devant vous la cause de ce lièvre.
— Que le diable ^oit de mon fusil à longue portée ! A nulle mètres, cette bête m'avait paru de la^^rosseur d'un lapin !
Les lièvres se mettant à suivre Jud, convaincus que cesl Je bon moyen d'écliapper à toutes les recherches.
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— Avec mon fusil à longue purlée je tue le gibier à deux heues d'ici; seulement jai soin d'envoyer mon" chien par le chemin de fer.pour (|uil puisse lever les pièces.
— Sapristi! il n'y a pas moyen de chasser comme cela! J'achèterai un autre parapluie pour mon chien ; il faut absolument ({ue nous ayons chacun le nôtre!
^ ^luu brave homme, vous n'avez pas vu un hèvre parla? ^1 lait, monsieur, j'en ai vu un qui vous cherchait.
— Mais tirez donc ce lièvre, il est sous votre nez '
- Il est trop près; je le numquerais avec n.on nouveau luMl : c est une arme a longue portée.
— s ils n'ont p:is de porl^d'arnies, c'est voire devoir de Ifs arrêter.
— Que voulez-vous rpie j'y fasse? ils me donnent mainlenant pour prétexte qu'ils vont au tir national et non pa< û la chasse...
— Mais tire donc ce lièvre !
— Impossible, chère amie : il . st dans un «It-partemenl où la chasse n ouvre que demain 1 II laut que je le tienne en r.— pect comme cela encore pendant toute la journ.'e'
— Saperlolte ! mon diable de l'usil à longue portée ma lait cribler de procès-verbaux '
— Bah :
— Mais oui : tous les coups de l.i<il q„e je tire dans ce dél>artement-ci vont tuer le -ibier dans le département à côté ou la chasse n'est p..s encore ouverte !
— Counnent! tu „"as que la moitié de ce lièvre?
— Ma chère, il passait dans l'autre dépirtement, où la chasse n est pas encore ouverte .. Je n'ai pu tirer que sur Ja partie île son corps qui se trouv.iit encore dans ce déparlement-ci !
— Excusez-moi; jiii lu<; ce snnjilier avec mie bnlle explosible : l'effet Au projectile a été, à vc qitil paraîl, très en retard.
— Mou Jiisil tout neuf! lieureusenient que je ne l'avais pas encore payé cl que je vais lui envoyer la facture... Ah '. mon îjfaillard ! vous croyez que vou< allez en être quille comme ça '
— \ oilà mon nouveau fusil, l'armurier m'a aaranli son ItMi i
— Comme durée? Eh bien, il ne vous a pas trompé: il faii loiiï feu !
— Callunine. i(ue signilio tout ce lapajie dans votre cuisine?
— Madame, c'e-^t monsieur qui ne tue jamais son gibier qu'à moitié.
— AlIVoil, ces iiiessiours onlla l)onl(' dof to pernictlro de lirer; appn'lc ton arnio, mon cIrtI.
— Papa, sur qui l'-uif-il que je lire?
— Alfred, posez votre l'ii'^il loul de •^nile ef retournez à l;i maison.
— Alonsieur, voilà le sanglier que vous cherthie/.
— Ail ! très bien ; je vais vite courir chez un charrulier m informer combien il nu* prendra pour l'arranirer'
— Imbécile! crétin! je t'avais dit d'aller me cherchei' un sanglier dans la forêt pour que je puisse le chasser demain ; je ne t'avais pas dit d^ l'amener chez moi dan< mon salon '
— Monsieur, monsieur ! madame m'envoie vous cherchei; il V a du monde au château !
— Crétin de dome-^tique! qu'est-ce que lu fais? Je suis de ^^ ce lôté-ci. idiot !
— Mais il ( li.i»c lr»:s-inal. volrc clm-n!
— No mon parlez pas, c'est iiii chien ((iio. ma prèlr \|. iliiiinot: il osl ronslîimment le ne/ en l'air à chercher des
Kniiii ! un penlioau !
No lo liro/ pas. iiialin nroiix ! «.•■os| p«^iil-t*lr«^ le il'-r-
SUJhJ DKniK A M. llKN\Kr.\,
— I,e chien (h> ma mère !
^vl- .1 111
— liens, mou lils, voilà une l)elie otci^ioii , lu vik-> cm lirer un !
— Moni ! j'ose p;ts... ils sont en Ibrce !
— Ah! mon iJieu I on lile-L-il comme ra. volie ami?
— C'est son nouveau fusil qui porte et repousse à lon<;ue portée: le malheureux ne s'arrèler.i qu'à deux lieues derrière lui
— loi, mon ami, un hemme dislingué. un vicomlc, lu vaj a la chasse avec un charcutier!...
— Ecoute donc, chère amie, si je veux altaipier un sanulier, il me l'accommodera avant.
— Tu m'engages à chasser sur les terres!
— Eh bien?
— Eh bien , mais il me semble que tu n es pas trop le maitre chciC loi; ou t'y tienl tète joliment.
— J'iiiiiio mieux le fusil à pjipa, iiiui. lia I il ciaciue jjIu; lorl que celui ties autres !
— Je vais liier celle Ititlie.
— I'a|»a, je feu prie... ça ierail trop de peine à iiidiuau; lu sais bien, à Paris, elle ta grondé un soir parce qu'elle a dil coninie ça que lu avais couru les biches!
— Mais cache donc ta lète, si lu ne veux pas que les bécasses laperçoiveul; je te préviendrai quand il faudra leiiioiiler.
Ue la possibilité de iain' double emploi de >ou lèinps à !* chasse aux bécasses.
— Ah! sai)ri>ti! paraît que c'est snii liuuli! elle reçoit, .r.iimo mieux revenir un autre jour de la sen)aine.
— Mon ehtr, il n'y a aucun ilangcr! il est toiil petit.
— Méfions- nous... il est tellennent jeune, que ses parenls ne l'auraient jamais laissé sortir tout seul... nous uUons être attaqués par sa bonne, c'est sûr : elle ne doit pas être loin.
' — Allez donc! vous [n'avez Vien'à craindre en lallaquant lonime cela !
— Merci!... je veux ni'assurer avant s il n'a pas de< crocs '^ncore de ce côié-ci '
— tirant! Dieu ! le voilà qui vient me relancer jusque chez moi!. . Quolle est la canaille qui lui a donné mon adresse?
MODES DK 1802.
(Iniffiiro potir snnalicr
— Saprislil venez donc ù mon secours, monsieur 1 avocat'
— Du tout! je suis avocat. Kn Fnnr»». |.i défende e«t lihn» id sanîîlier h \o Coilc pour lui.
— Allons, bon! voilà mon crétin de cheval qui s'imagine que c'est un stoeple-clmsc'
— liens, c est drùlo. il ne me dit rien, à moi! Est-ce qu'il me reconnaîtrait par hasard \\out un confrère?..
— Mon enfant, tu n'as pas do port d'anncs, par conséquent M'éveille pas l'attention des ^'endnrnics : tire Ion coup de fusil sans faire de hniil !
Du danger de tirer une bécasse qui vole au-dessus de vous — Sapristi! mon ventre!
— Sapristi! c'est qu'elle n'a pas l'air de voidoir finir, cette partie de raqpelle! Ces vilaines bètcs-là sont d'une adresse!...
— Ali! Edouard! c est là votre chasse !... Ccsl bien, je vais prendre un port d'armes démon côté...
— Eli bien, est-il allrapc?
— Oui, oui; il est traversé. . par In pluie
— Délends-nioi donc '. Tire dessus '.
Mon ami, liisse-le jouir un peu de >on reste, la ciia«
va fermer,
FEllMETURE DE LA CHASSE.
— Imbécile de lièvre! restez donc ! nous n'avons plus que quelques heures à passer ensemble.