‹ Cham (volume 2)Chapitre 22 sur 52 · EN CIIKMIX DE FEU · texte numérisé non relu

EN CIIKMIX DE FEU

- Grand Dieu ! monsieur, votre fusil qui vient de partir '

- Lxcusez-le, niadame. il a entendu le si-nal du départ:

:i 1*1*11 mm ^*.>loi>^ .^^.^^ I..! i ^ i

Il a cru que c était pour lui I

— Mon L-liien ?

— Voilà, monsieur... il a eu rimpni.li-nce desj bitlre dans ;on box avec un chien plus Tort que lui!.,.

« - Tiens I mais je croyais que vous ne tlias>iez jaInai^?

— C'est vrai; mais, depuis l'affaire Jud, je fais s-omLlant (i'êlrc chasseur, pour avoir un prélexle île vov.'gcr en chemin de fer avec un fusil.

— Faut-il qu'il soit égoïste ! il va s'amuser, et il me laisse là tout seul! Une pensera seulement pa>; à m'envover du gibier... un ingrat auquel je fais un nont !

Courses d'automne

— Tu vas à la chasse à c'Ic heure habillé en carde national?

— Mon uniforme ma porté bonheur à la cible du tir national; je ne tirerai plus jamais un coup de fusil sans l'avoir endossé.

— Ne boujifoz pas, vous allez le faire sauver! Je l'îillr pcrai peut-être !

— Conunent ! vous allez chasser toute la journée avec votre liisil dans un étui!

- Mais certainement! c'est mon f„sil neuf, et ie n'ai pa. envie de 1 abîmer d'un temps pareil!

INCO.WÉNIKNT DKS AKMI S A 1 OMU K IMUitr.

Vous arrivez pour ramasser le gibier que vous avez tué j trois cents mètres, un voleur vous l'a déjà emporté depuis plus d un quart d'heun-.

— Mon ami, il était inutile de rapporter cela, tu as tout ce (jiril faut à la maison

— ^ entrebleu: monsieur, je ne vous connais pas, laissez-moi tranquille !

— Monsieur, je suis avocat, et, comme je ne veux pas me rouiller pendant les vacances, permeliez-moi de plaider devant vous la cause de ce lièvre.

— Que le diable ^oit de mon fusil à longue portée ! A nulle mètres, cette bête m'avait paru de la^^rosseur d'un lapin !

Les lièvres se mettant à suivre Jud, convaincus que cesl Je bon moyen d'écliapper à toutes les recherches.

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— Avec mon fusil à longue purlée je tue le gibier à deux heues d'ici; seulement jai soin d'envoyer mon" chien par le chemin de fer.pour (|uil puisse lever les pièces.

— Sapristi! il n'y a pas moyen de chasser comme cela! J'achèterai un autre parapluie pour mon chien ; il faut absolument ({ue nous ayons chacun le nôtre!

^ ^luu brave homme, vous n'avez pas vu un hèvre parla? ^1 lait, monsieur, j'en ai vu un qui vous cherchait.

— Mais tirez donc ce lièvre, il est sous votre nez '

- Il est trop près; je le numquerais avec n.on nouveau luMl : c est une arme a longue portée.

— s ils n'ont p:is de porl^d'arnies, c'est voire devoir de Ifs arrêter.

— Que voulez-vous rpie j'y fasse? ils me donnent mainlenant pour prétexte qu'ils vont au tir national et non pa< û la chasse...

— Mais tire donc ce lièvre !

— Impossible, chère amie : il . st dans un «It-partemenl où la chasse n ouvre que demain 1 II laut que je le tienne en r.— pect comme cela encore pendant toute la journ.'e'

— Saperlolte ! mon diable de l'usil à longue portée ma lait cribler de procès-verbaux '

— Bah :

— Mais oui : tous les coups de l.i<il q„e je tire dans ce dél>artement-ci vont tuer le -ibier dans le département à côté ou la chasse n'est p..s encore ouverte !

— Counnent! tu „"as que la moitié de ce lièvre?

— Ma chère, il passait dans l'autre dépirtement, où la chasse n est pas encore ouverte .. Je n'ai pu tirer que sur Ja partie île son corps qui se trouv.iit encore dans ce déparlement-ci !

— Excusez-moi; jiii lu<; ce snnjilier avec mie bnlle explosible : l'effet Au projectile a été, à vc qitil paraîl, très en retard.

— Mou Jiisil tout neuf! lieureusenient que je ne l'avais pas encore payé cl que je vais lui envoyer la facture... Ah '. mon îjfaillard ! vous croyez que vou< allez en être quille comme ça '

— \ oilà mon nouveau fusil, l'armurier m'a aaranli son ItMi i

— Comme durée? Eh bien, il ne vous a pas trompé: il faii loiiï feu !

— Callunine. i(ue signilio tout ce lapajie dans votre cuisine?

— Madame, c'e-^t monsieur qui ne tue jamais son gibier qu'à moitié.

— AlIVoil, ces iiiessiours onlla l)onl(' dof to pernictlro de lirer; appn'lc ton arnio, mon cIrtI.

— Papa, sur qui l'-uif-il que je lire?

— Alfred, posez votre l'ii'^il loul de •^nile ef retournez à l;i maison.

— Alonsieur, voilà le sanglier que vous cherthie/.

— Ail ! très bien ; je vais vite courir chez un charrulier m informer combien il nu* prendra pour l'arranirer'

— Imbécile! crétin! je t'avais dit d'aller me cherchei' un sanglier dans la forêt pour que je puisse le chasser demain ; je ne t'avais pas dit d^ l'amener chez moi dan< mon salon '

— Monsieur, monsieur ! madame m'envoie vous cherchei; il V a du monde au château !

— Crétin de dome-^tique! qu'est-ce que lu fais? Je suis de ^^ ce lôté-ci. idiot !

— Mais il ( li.i»c lr»:s-inal. volrc clm-n!

— No mon parlez pas, c'est iiii chien ((iio. ma prèlr \|. iliiiinot: il osl ronslîimment le ne/ en l'air à chercher des

Kniiii ! un penlioau !

No lo liro/ pas. iiialin nroiix ! «.•■os| p«^iil-t*lr«^ le il'-r-

SUJhJ DKniK A M. llKN\Kr.\,

— I,e chien (h> ma mère !

^vl- .1 111

— liens, mou lils, voilà une l)elie otci^ioii , lu vik-> cm lirer un !

— Moni ! j'ose p;ts... ils sont en Ibrce !

— Ah! mon iJieu I on lile-L-il comme ra. volie ami?

— C'est son nouveau fusil qui porte et repousse à lon<;ue portée: le malheureux ne s'arrèler.i qu'à deux lieues derrière lui

— loi, mon ami, un hemme dislingué. un vicomlc, lu vaj a la chasse avec un charcutier!...

— Ecoute donc, chère amie, si je veux altaipier un sanulier, il me l'accommodera avant.

— Tu m'engages à chasser sur les terres!

— Eh bien?

— Eh bien , mais il me semble que tu n es pas trop le maitre chciC loi; ou t'y tienl tète joliment.

— J'iiiiiio mieux le fusil à pjipa, iiiui. lia I il ciaciue jjIu; lorl que celui ties autres !

— Je vais liier celle Ititlie.

— I'a|»a, je feu prie... ça ierail trop de peine à iiidiuau; lu sais bien, à Paris, elle ta grondé un soir parce qu'elle a dil coninie ça que lu avais couru les biches!

— Mais cache donc ta lète, si lu ne veux pas que les bécasses laperçoiveul; je te préviendrai quand il faudra leiiioiiler.

Ue la possibilité de iain' double emploi de >ou lèinps à !* chasse aux bécasses.

— Ah! sai)ri>ti! paraît que c'est snii liuuli! elle reçoit, .r.iimo mieux revenir un autre jour de la sen)aine.

— Mon ehtr, il n'y a aucun ilangcr! il est toiil petit.

— Méfions- nous... il est tellennent jeune, que ses parenls ne l'auraient jamais laissé sortir tout seul... nous uUons être attaqués par sa bonne, c'est sûr : elle ne doit pas être loin.

' — Allez donc! vous [n'avez Vien'à craindre en lallaquant lonime cela !

— Merci!... je veux ni'assurer avant s il n'a pas de< crocs '^ncore de ce côié-ci '

— tirant! Dieu ! le voilà qui vient me relancer jusque chez moi!. . Quolle est la canaille qui lui a donné mon adresse?

MODES DK 1802.

(Iniffiiro potir snnalicr

— Saprislil venez donc ù mon secours, monsieur 1 avocat'

— Du tout! je suis avocat. Kn Fnnr»». |.i défende e«t lihn» id sanîîlier h \o Coilc pour lui.

— Allons, bon! voilà mon crétin de cheval qui s'imagine que c'est un stoeple-clmsc'

— liens, c est drùlo. il ne me dit rien, à moi! Est-ce qu'il me reconnaîtrait par hasard \\out un confrère?..

— Mon enfant, tu n'as pas do port d'anncs, par conséquent M'éveille pas l'attention des ^'endnrnics : tire Ion coup de fusil sans faire de hniil !

Du danger de tirer une bécasse qui vole au-dessus de vous — Sapristi! mon ventre!

— Sapristi! c'est qu'elle n'a pas l'air de voidoir finir, cette partie de raqpelle! Ces vilaines bètcs-là sont d'une adresse!...

— Ali! Edouard! c est là votre chasse !... Ccsl bien, je vais prendre un port d'armes démon côté...

— Eli bien, est-il allrapc?

— Oui, oui; il est traversé. . par In pluie

— Délends-nioi donc '. Tire dessus '.

Mon ami, liisse-le jouir un peu de >on reste, la ciia«

va fermer,

FEllMETURE DE LA CHASSE.

— Imbécile de lièvre! restez donc ! nous n'avons plus que quelques heures à passer ensemble.

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