‹ Cham (volume 4)Chapitre 28 sur 36 · A VARSOVIE · texte numérisé non relu

A VARSOVIE

— Ces brigands de Polonais, à force de nïagacer, me feront mourir!

— Cher ami, j'ai prévu le cas; aussi, j'ai acheté une jolie robe rose pour porter ton deuil; tu as défendu le noir.

Misérable! tu cires mes bottes avec du blanc d'Espagne! Mais puisque monsieur a défendu le noir !

— A l'amende! le deuil est défendu!

— Tu vas conduire ce malade à la citadelle!

— Mais, général, il n'est pas habillé en noir...

— Il a une médecine noire dans le ventre, cela me suffit!

Se démenant contre" l'horizon politique qui, en dépit de ses ordonnances, s'est mis en noir.

L'ordonnance concernant les lanternes mettant le gouverneur dans la nécessité de faire d'abord comprendre à ses soldats la différence qu'il y a entre des vessies et des lanternes.

— Nourrice, vous allez me suivre à la citadelle!

- Mais, j'ai une lanterne et mon nourrisson aussi

C'est possible, mais la poupée de votre nourrisson n'en a pas!

Le gouverneur se promenant le soir éclairé intérieurement d'après le système Godillot, afin de donner l'exemple aux habitants de Varsovie.

Le Patron de la Pologne obligé d'avoir sa lanterne tout comme ]§ Regrettant son décret des lanternes en reconnaissant que cela les autres. pourrait bien leur tenir ebaud pendant l'hiver.

— A la citadelle, misérable!

— Mais j'ai une lanterne !

— Une lanterne comme chiffonnier; mais il l'en laut encore une autre comme Polonais!

Par saiiil Serge ! voilà plus d'une heure que je cr'.e après votre lanterne, qui nest pas allumée! — Cela ne m'étonne pas! c'est une lanterne tourde.

LE POLONAIS MALGltlî III.

Palmfrstox. — Que m'apporlez-vous là. monsieur John Bull?

John Bull. — l'n costume polonais.

— Mais, mon ami, la Politique..

— Endossez le polonais.

— Mais...

— Allons, je vois qu'il faut vous aider à le mettre.

— Monsieur John Bull, la Pologne sonne à votre porte.

— Laisse-la sonner; apporte-moi encore du hois!

Les ohjets chauds sont interdits en Pologne.

Ce n'est pas une raison pour prendre ma montre!

Si fait, je la considère comme bassinoire.

La Prusse ayant voulu metire le doigt entre l'arbre et l'écorce.

Le président îles Etats-Unis faisant faire un tour de promenade à l'amiral russe pour lui faire voir les produits du p;iy-.

— Comment faites-vous donc pour vous entendre? Vous voulez qu'on traite les nègres comme des blancs, et lui traite les blancs comme des nègres!

— Eh bien, nous cessons de nous battre?

— Il n'y a plus de plaisir, on ne nous regarde plus; tout le monde regarde faire les Polonais'

— C'est pas gentil de s'occuper rien que des Polonais ! nous avions donc oublié ces pauvres pelils Circassiens, mon chéri ?

Les nouvelles de Pologne changeant un peu le cours île leurs idées.

— Une idée! si nous prêtions nos canons aux Polonais?

— Ma lui! ce serait peut-être moins bête que de nous en servir contre nous-mêmes!

— Je veux m'en aller, vous abusez de ma personne! Cela devient stupide, à la lin ! vous serez cause qu'on se dégoûtera complètement de moi; j'ai mieux à faire ailleurs!

Le Nord et le Sud Unissant par tomber d'accord sur un point.

— Bonhomme Hiver, j'ai déjà eu recours à toi en 1812; tu me reconnais?

— Je crois bien! toujours le même.

— Général, d'après vos ordres, tous les vêlements chauds sont arrêtés à la frontière.

— Très-bien! j'aperçois deux chemises; c'est très-chaud, deux chemises! j'interdis l'entrée des chemises.

— Mon ami, la Russie ne désire pas votre mort! vous po uvez aller chez votre tailleur vous commander des habits de Nankin.

— Ah ! qu'on est donc bien ! quand ou pense que les Polonais sont s;ms couvertures!

Se mettant couturière et marchande île modes" a tin que ledames de Varsovie soient bien habillées à sa fantaisie.

— C'est décourageant! en lui détendant les vêtements chauds, je n'ai fait que l'aguerrir au froid ; tandis que moi , je ne cesse de m' enrhumer !

Prenant tous les moyens possibles pour essayer d'en finir [avec les Polonais avant le printemps.

— Mon mari Radama n'est pas mort ! ce seruil-il caché chez vous?

— Impossible, majesté, le noir y est détendu ?

Cet excellent «^encrai faisant fabriquer tous les fonds de chapeaux polonais d'après celui de Bertrand de /' Auberge des Adrets, dans la crainte qu'ils n'aient cliaiul à la tète l'hiver.

Cinquante coups de fouet à celui-là ! il n'a pas sa lan-

terne.

— Vit1 en Sibérie, le noir est prohibé.

— Mais c'est mon charbon...

— Il ira en Sibérie aussi.

— Le voilà en arrêt, nous tenons les Polonais! Vile une dépèche à Saint-Pétersbourg pour demander du renfort!

Sus aux Danois! aux armes! Sus au Holstcin! Je vois ce que c'est ! il vient de se griser avec ça !

— Je suis éreinté! je viens de fêter l'anniversaire delà victoire de Leipzig.

— Mon vieux, vous avez le temps de vous reposer; vous n'avez que cette victoire-là à fêter dans toute l'année 1

La Saxe et le Hanovre se disputent l'honneur de remplir la mission dont les a chargés la Confédération germanique.

Gare au Danois ! Méliez-vous !

«.D/rnnsirrio

— Joseph, un peu de charlotte russe.

— Jamais, madame, jamais! plus rien de commun entre eux el moi !

— Qu'est-ce que vous venez réclamer? vous n'êtes pas dans la catégorie des ouvriers cotonniers.

— Dame! il me semble que la question du servage et de la Polojrne me l'ait filer un bien mauvais coton !

— Et ton Russe?

— Ma chère, je lui ai donné huit jours pour se faire naturaliser Polonais.

C'est une horreur! tu as donné une tripotée à mon

isse!

— Ma chère! ça l'ait partie de mon costume!

— Ne mettez pas votre paletot noisette, ou je mettrai ma eriméenne.

— Mon brave, vous versez des larmes sur la Pologne?

— Elle a fait bien autre chose pour nous ! elle a versé son sang!

Ce joujou-là l'ennuie, qu'on lui donne autre chose.

— Mais venez donc ! je la vois parfaitement, la question polonaise ! elle est là dedans ; faut pas la chercher ailleurs !

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