‹ Cham (volume 4)Chapitre 36 sur 36 · L ECHEANCE · texte numérisé non relu

L ECHEANCE

— Allons, il n'y a plus moyen de le renouveler, ce billet. il faut le paver cette fois.

— Moi, vois-tu, avec une épingle comme cela, je me l fiche des aiguilles.

— Monsieur Babinel, vous avez eu une discussion avec notre télégraphe transatlantique.

— Nous avons eu des mois ensemble.

— Oui, monsieur. A 25 francs le] mol, voici votre note.

REFLEXION lin BON COELR.

— Le fusil à aiguille, c'est encore rien qu'on s'en serve pour la guerre! Mais ce qui fait frémir, c'est de penser qu'on peut s'en servir un jour pour la chasse.

— Mou ami, que savez-vous sur l'Amérique?

— Merci, si c'est moi qui doit répondre, c'est pas la peine d'avoir un cible transatlantique

— Dis doue, mon chéri, tu devrais me négocier cette valenr.

— Ça une valeur/ c'est une vieille dépêche du câble transatlantique.

— Justement, chaque mot a une valeur de -25 francs.

TELt-&/(ApHH

— Que signifie... la dépêche est dalée de Chien?

— Oui, monsieur. Chien pour Terre-Neuve, cela économise un mot de 23 francs.

— J'ai cru que c'était 25 francs le mot?

— Oui, monsieur, mais vous envoyez des injures; les gros mots se paient double.

— Que t'es bête! il n'y a rien d'humiliant , au contraire; le nouveau momie et l'ancien sont fiers d'avoir pu se mettre dans notre position. C'est notre câble transatlantique.

— Voici la bouteille d'huile de foie de morue que madamp m'a dit de lui acheter.

— Elle est de quatre francs?

— Oui, madame, et j'ai fait télégraphier à Terre-ISVu\ <■ pour savoir si elle est bien fraîche, ça fait 404 francs.

Neptune profite du cable transatlantique pour faire du trapèze, l'exercice de la voiture lui devenant impossible, depuis qu'il a mangé ses chevaux pour faire comme tout le monde.

Vingt-cinq francs le mot ! que dépèche monsieur Je me dépêche de m'en aller.

— Monsieur est allé au télégraphe transatlantique causer avec l'Amérique.

— Ah! mon dieu, vingt-cinq francs le mol ! el mon mari est bavard, nous sommes ruiués !

— Monsieur, auriez-vous l'obligoanco de casser le carreau et tirer la sonnette d'alarme. Vous avez r.ne figure qui ne m'inspire aucune confiance.

LA SOXXETTE i> ALARME.

le conducteur, arrêtant — Pourquoi sonnez-vous?

LE voyageur. — Ne faites pas attenlion. je suis acteur. e répète mon rôle du Sonneur de Saint-Paul que je vais ou|r en province.

— Pourquoi avez-vous agité la sonnette?

— Je rêvais 4110 j'étais maitre-d'hôtel, je sonnais le diner.

Tout le monde niellant aussitôt la tète à la portière, tirez la sonnette d'alarme afin de savoir si vous avez des Meures de connaissance dans le train.

— Pourquoi sonnez-vous?

— Il va faire de l'orage et ch.'z nous on a l'habitude de sonner les cloches !

— Ah! mon dieu, voici un accident!

— Je ne crois pas, madame, nous aurions été prévenus par la sonnette d'alarme.

~ Avant île le tirer, faut que je relise mon journal pour voir s'il n'est pas compris dans l'armistice.

Pourquoi n'enverrait-on pas au camp de Chùlons des jeunes diplomates qui s'exerceraient à s'interposer entre des armées belligérantes?

UVEMURE De Ia

{Traduit du lapin) — Pour lui c'est fini; pour moi ça commence! et pas île puissance médiatrice pour me tirer de là !

Le camp de C làlons amenant le tambour-major à déplorer ce que la nature a fait pour lui.

— Tu es censé l'ennemi.

— Toi la France alors ? Comme elle est généreuse, lu vasme payer la goutte.

— Vous désirez la croix du la août. Mon dieu, monsieur, '-'est bien simple, je vais vous donner la recette.

— Vous n'en auriez pas nne plus simple que celle-là ?

— J'ai gagné la montre! ousque sont donc les aiguilles.''

— Que t'es bête! elles sont en Allemagne à faire la

: uerre.

Retour de la fièvre du mois d'août.

T'as pas la croix ! mais ta femme te reste. Justement ! une croix m'aurait consolé de l'autre.

Présentez-lui donc les aimes! il a la croix. Je ne la vois pas.

Elle est au Moniteur.

— C'est moi que j'ai dégraissé le mal de cocagne! je pourrais être utile à madame.

— Mais c'est une horreur! elle n'avait pas ces manièreslà avant que son frère le collégien vint en vacances !

— Le* premier lundi d'octobre, si ça pouvait donc tomber un dimanche, ça nous ferait un jour de vacances de plus.

— Monsieur, accordez-lui le prix de piano; si vous saviez comme il a travaillé à la maison! quatre locataires en .-on devenus fous.

— Mon bon ami, tout est à la paix !

— Oui, merci! On voil bien que \ous n'avez pas des c llégiens en vacances chez vous.

— Papa, à mon collège, j'ai l'habitude d'être levé à cinq heures! Je ne veux plus que tu dormes, vient faire une partie de balle.

— En dehors du grec et du latin que vous lui montreriez pendant ses vacnnces, comme cet enfant sera seul avec vous à la campagne, je vous demanderai si vous êtes fort aux billes et au cheval fondu.

— Tu as eu 1j prix de dessin pour celle tète? .Mais elln'a pas d'yeux !

— La maîtresse de pension ne veut pas que non; tassions l'œil.

— Voyons, made noiselte, veus n'ave ; plus à être jalouse de voire frère. Vous avez eu aussi votre distribution de prix !

— Hi li i ! il n'v avait pas de d'scours latin comme à lui.

— Mais travaille donc, au lieu de lire le journal... Tu n'obtiendras jamais uns bourse à la rentrée.

— Si, maman, je serai boursier, je pioche le cours île la Bourse.

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