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LES AVANT-POSTES

— Ohé là-pas ! Vrançais, fous ne bensez tonc bas à vaire la soupe?

— Si fait, nous pensons à la soupe, mais à celle que nous allons vous tremper!

— Le bain de monsieur est prêt. Monsieur sonnera pour son peignoir.

— Très-bien, brave paysan; tu nous a livré tes vaches et tes moutons, je vais maintenant te payer! Caporal Schlagman, passez-moi ma bourse.

— Foilà, machor, foilà! Le machor feut lui gompter ça lui-même?

Il ne nous attaque donc pas le belit Vrançais? Mais non, j'attends que vous soyez quatre ou cinq.

— Brave sentinelle autrichienne, permettez à un humble zouave de se jeter à vos augustes pieds.

Chacun travaille à sa manière, c'est une affaire de tempérament.

— Fais pas attention, mon bonhomme, t'es pas le premier que j'arrange comme ça !

—.Allons, boni Qu'est-ce qu'il me fiche donc là?... Noul allons donc nous battre au hasard de la fourchette?

— Je ne vous en veux plus, mon brave, vous allez boire à la santé de mes taloches!

— Oh 1 les taloches que fous m'afez tonnées ne sont bas malates; je vous rébonds qu'elles se portaient bien I

— Ça coûte cher les loyers à Magenta ! On a encore du mal à se loger par làl

— Fourrier, il s'agit de rédiger un rapport sur les forces de l'ennemi.

-- Général, je rédige pas mal.

— Je me moque de la rédaction! Êtes-vous fort sur la multiplication?

— Faut m'obéir ! je suis ton supérieur !

— Je suis un tourlourou français et tu n'es qu'un major autrichien!

— C'est pas de votre faute que nous soyons vos vainqueurs, on ne change pas comme ça de vieilles j habitudes.

— Attrape, mon garçon! Voilà Cocotte qui commence â connaître son monde:

— Allons, voyons, mon chéri de Russe, dites quelque chose d'aimable à votre excellent ami l'Autrichien.

— Bono Francese l Bono Fiancese I

— Ah ! bigre !

— C'est pas malin d'être tapln autrichien ^ n'y a qu'une batterie, toujours la même : la retraite !

— La! la! ilou!— Oh! la! la!

Chanteur tyrolien suivi de son accompagnateur.

— Major, fou foycz mon driste bosilion!

— Nix! c'est toi qui ne gombrends bas le tactique autrichienne; lu es son vainqueur!

— Tarteiffle! Il baraît que j'ai été fainqueurî Qu'est-ce que ch'aurais donc reçu si j'affre été faincu?

— Vous êtes vainqueur ? Mais quel est ce monsieur ui est derrière vous ?

— C'est un Français que je vieïis de faire prisonnier.

— Ce pauvre Aulricliien! il n'est pas libre de ses deux mains pour se défendre!

-Permettez, monsieur le chroniqueur, faites-moi 3 petite place. Si vous trtR^aillez pour les Débats, i je travaille pour la patrie.

— Vous avez ôlé une des épingles piquées sur cette carte?

— Oui, monsieur, pour le châle de madame!

— Malheureuse ! vous avez enlevé un corps de trente mille hommes franco-sarde! La guerre est compromise par votre sottise!

- L'est pas toujours celui «|ui fait la soupe qui la

nge

Le correspondant du Times commence à regretter de ne pas s'être mis du côté des Français.

- Vous prenez un cheval, licultnant?

- Mais, général, ces diables de zouaves vous attrait tout de suite quand on est à pitd.

— C'est légoûdant! Ces Vrancais sont t'une iniisgrétion !

— Pour lequel que lu paries? Je parie pour le plumet vert : il arrivera a Vienne avant les autres î Hardi : le plumet vert! Hardi!

— Hé! r.i-bas! les Milanais vous rappellent!

— G«''n<'ral , vous qui avez combattu les Français autrefois, qu'en pensez-vous?

— Hélas ! excellence, ce sont toujours les mêmes! ! !

l'histoire.— Saprelote! il ne vous laisse seulement pas le temps d'écrire! Nous disons Montebello?

LE TROUPIER. — Palcstro! Robbio!

l'histoire. — Voyons donc à la fin ! Nous disons Pales tro?

LE troupier.— Palestro ! Robbio ! Magenta ! Solferino !

l'histoire. — Vous êtes assommant, parole d'bonneur ! Pas moyen de vous suivre !

LA

CHRONIOUE DU JOUR

ALBUM

DE

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