SCÈNE V MARCELINE, ANDRÉ
ANJDRÉ, embrassant Marceline.
Vous êtes exquise, aujourd'hui !
MARGELIxS'E, se levant.
Ah ça! Vous êtes fou !
ANDRÉ
Oui, Marceline! fou de joie! Je l'ai, enfin! Je la tiens!
MARCELINE
Quoi donc ?
ANDRÉ
La gifle! La belle gifle, que je mûris depuis trois jours, et que je viens de cueillir, là tout à l'heure.
MARCELINE
Gomment exprès?
ANDRÉ
Vous rappelez-vous ce que vous m'avez dit, il y a huit jours, dans la grotte du petit jardin?
MARCELINE
Parfaitement 1 Je vous ai dit : « Bas les pattes. »
ANDRÉ
Non... après... Comme je vous suppliais d'être enfin à moi, vous m'avez déclaré : « Je vous aime trop pour partager. Divorcez d'abord, je vous appartiendrai ensuite. »
MARCELINE
Je vous le répète encore I Dès que votre divorce sera confirmé...
ANDRÉ, se tenant la joue.
Pour confirmé, il l'est I et ferme ! avant-hier après vous avoir quittée, j'ai pris une résolution. Et depuis ce temps-là, je monte Nicolette pour amener la gifle définitive. Ça n'a pas été dur à (5l)tenir; elle l'avait au bout des doigts. Tantôt, à la promenade, je lui adresse des observations sur sa toilette...
MARCELINE
Très malin !
ANDRÉ
La dispute quotidienne éclate, et au retour, v'ianl l'amateur a gagné un coquetier à choisir sur la rangée du haut !
MARCELINE
Mon pauvre amil Gomme vous avez dû souffrir!
ANDRÉ
Moi! Pas du tout! Un peu plus, j'aurais sonné