ACTE DEUXIÈME
LA GHAMBOTTE.
Si je le désire !
NIGOLETTi:.
Réjouissez-vous... je vais être à vous!
LA GHAMBOTTE.
Oiil... OÙ est votre chambre?
NIGOLETTE.
Vous ne me comprenez pas!... Je veux dire qu'il n'y a plus d'obstacle entre nous ! Ça y est!
LA GHAMBOTTE.
Quoi? Qu'est-ce qui y est?
NIGOLETTE.
Le divorce! Il consent!
LA GHAMBOTTE.
Ah! Bigre!
NIGOLETTE.
C'est comme ça que vous vous réjouissez!
LA GHAMBOTTE, ennuyé.
Si... si... Bravo!... Enchanté!... Mais, dites-moi? On était si heureux comme ça? C'était si gentil, nos petits rendez-vous du soir, quand tout le monde était couché et que je venais sous votre balcon. Je faisais tout doucement le cri de la hulotte bleue...
Il tire un petit instrument do sa poche et souffle, on entend un cri d'oiseau.
NIGOLETTE.
J'ouvrais mes persiennes!... Et durant des heures, vous me disiez des choses!... des choses...
Des choses qu'on ne peut pas dire le jour!
NIGOLETTE.
Dans le jour, je n'aurais pas pu les écouter !
LA GHAMBOTTE.
Maintenant, c'est flnil Je n'irai plus au rendezvous... je ne vous dirai plus des choses... des choses...
NIGOLETTE.
Au contraire... Vous me les direz de plus près!
LA GHAMBOTTE.
Ce ne sera plus ça! Voyez-vous! On ne fait pas des confitures avec le fruit défendu ! Enfin puisqu'il faut épouser, on épousera... Et on sera heureux tout de même.
NIGOLETTE.
y y compte !
LA GHAMBOTTE.
Vous divorcez quand?
NIGOLETTE.
Bientôt, je pense ! André s'occupe de l'avoué.
LA GHAMBOTTE.
Bon! Je vais écrire à ma mère pour lui dire que je vous épouse, Nicolette... Je sais très ému ! Le jour où j'ai passé mon examen de chaulleur^ je n'étais pas plus ému!
NIGOLETTE,
Mon cher Roger!
LA GHAMBOTTE.
C'est ma liberté, que je vous sacrifie, tout simplement! Quel beau geste! Tâchez de ne pas l'oublier^ quand vous serez baronne La Ghambotte.