ACTE DEUXIÈME
NIGOLETTE.
Pourtant si l'homme les mérite !
MADAME DE MONBISSAC
Comprends-tu cette andouille ficelée qui se laisse donner des calottes par sa femme? A sa place, je les lui aurais renvoyées par retour du courrier... et aïe donc. C'est pas toi qui battrais ton mari? Tu l'aimes toujours bien?
ANDRÉ
Toujours autant ! Ça ne diminue pas !
MADAME DE MONBISSAC.
Pas de dispute?
NIGOLETTE.
A peine I
MADAME DE MONBISSAG.
De temps en temps. Hé? Des brouilles d'amoureux, ça donne plus de goût aux baisers...
ANDRÉ
D'ailleurs, Colette est si bonne !
MADAME DE MONBISSAC.
Elle a le cœur sur la main, cette petite I
ANDRÉ
Je m'en suis encore aperçu tantôt, ma tante I
MADAME DE MONBISSAG.
Sont-ils gentils! Non, mais sont-ils gentils! Et vous êtes ainsi tout le temps ?
ANDRÉ, forcé.
Du matin au soir I N'est-ce pas, ma Colette?
NIGOLETTE, même jeu.
Et du soir au matin... Oui, mon André !
MADAME DE MONBISSAG.
Non, VOUS êtes trop gentils! Voulez-vous me faire un grand plaisir ?
ANDRÉ, à part.
Je tremble!
NIGOLETTE.
Lequel, ma tante ?
MADAME DE MONBISSAG.
Eh bien... Embrassez-vous, devant moi!
ANDRÉ, à part.
Tableau !
NIGOLETTE.
Oh ! non ! jamais I
MADAME DE MONBISSAG.
Pourquoi ?
NIGOLETTE.
Pas devant le monde!
MADAME DE MONBISSAG.
Je ne suis pas du monde ! on jurerait que je vous demande une chose extraordinaire f
NIGOLETTE.
Je ne veux pas !
C'est ça ! vous n'osez pas parce que je suis là ! Je suis un trouble-fête ! Mes enfants... Vous me blessez beaucoup!
ANDRÉ
Allons ! puisque tante l'exige.
Il s'approche.
NIGOLETTE, bas.
Faites semblant, ou je vous mords!