ACTE PREMIER
MADAME DE MONBISSAG.
Gomment, madame Bonin ! Vous entendez mal François I C'est madame Ronsselet!
Non, chère amie. J'ai repris mon nom de jeune fille.
MADAME DE MONBISSAG.
Pourquoi ?
MARCELINE
Je suis divorcée depuis huit jours.
MADAME DE MONBISSAC.
Pas possible ?
MARCELINE
Hélas!
MADAME DE MONBISSAG.
Ma chère amie, c'est la seconde fois que ça vous arrive !
MARCELINE
Je n'ai pas de chance avec les maris ! Je ne peux pas en garder un !
MADAME DE MONBISSAG.
Enfin, la première fois, avec M. Cheptel vous aviez les torts. Mais aujourd'hui, j'espère que...
MARCELINE
C'est encore moi qui ai les torts I C'est une fatalité 1
MADAME DE MONBISSAG.
Bigre ! et... vous allez épouser votre partenaire?
Impossible I... Il est marié!
MADAME DE MONBISSAG.
Gomme le premier ! Ah! ça,! ma petite, vous n'aimez donc que les maris des autres !
MARCELINE
Ah! Maintenant c'est fini! Je rentre dans le monde, je serai une femme modèle, et si je me remarie, mon troisième sera heureux.
MADAME DE MONBISSAG.
Mon premier, mon second, mon troisième ! Mais c'est toute une charade !
MARCELINE
Cette fois, ce sera mon tout. Mais je vous demande pardon, je ne vous parle que de moi, comment va Nicolette ?
MADAME DE MONBISSAC.
Très bien, nous fêtons ses vingt et un ans ce soir. Pauvre petite ! Elle est contente d'être à Paris,! Songez donc que nous sommes à Pau huit mois de l'année !
MARCELINE
C'est gai, pour une jeune fille 1
MADAME DE MONBISSAC.
Avec ça qu'elle estvivace! Et gentille !... Et bien élevée! Ça, pour l'éducation! Elle ne craint personne!