ACTE DEUXIÈME
ANDRli.
Si... si... C'est trop de bonheur à la fois.
MARCELINE
Gomme ça^, je réponds de vous.
Mais que dira ma tante ?
MARCELINE
Vous entrerez chez votre femme, puisque madame de Monbissac l'exige... vous resterez cinq minutes pas plus !
ANDBÉ.
Pourquoi cinq minutes ?
MARCELINE
En cinq minutes entre gens bien élevés, on n'a pas le temps de faire des folies... je chronométrerai^ et au bout de cinq minutes, je vous appellerai.
ANDRÉ
Par exemple. Je vous en défie !
MARCELINE
Ma chambre est située juste au-dessous de celle-ci, d'un étage à l'autre on entend tout ou presque tout, je me mettrai au piano et je jouerai : « Toréador en garde ! »
ANDRÉ, chantant.
Toréador I
MARCELINE
Toréador !... Et songe bien qu'un œil noir te regarde !
ANDRÉ
Et que l'amour t'attend...
MARCELINE
Oh! l'amour... l'amour...
ANDRÉ
L'amour t'attend...
MARCELINE
Oui, monsieur.
ANDRÉ
Je ne vous laisserai pas même le temps de me jouer votre petit air...
MARCELINE
Je vous le conseille, car je ne préviendrai pas deux fois le toréador.