ACTE DEUXIÈME
NIGOLETTË, riant un peu fort.
Quel drôle de type vous faites !
ANDRÉ
N'est-ce pas ? Vous ne me prendrez jamais au sérieux ?
NIGOLETTE.
Non... mais vous n'êtes pas ennuyeux.
ANDRÉ
Quels bons camarades on aurait pu être !
NIGOLETTE.
Il ne tenait qu'à vous, si vous n'aviez pas été agressif, moqueur ! Pour faire un bon mot, vous perdriez vingt amis,
ANDRÉ
Certes, des amis on en trouve toujours, tandis que des bons mots, on en trouve rarement 1 Je m'en vais! Cette fois, c'est la bonne ! Adieu, Colette !
Il sort vivement.
NIGOLETTE.
. Adieu, André ! (seule, soupirant.) Je croyais qu'il serait resté, je ne suis pourtant pas mal ce soir... Enfin I c'est égal... Quatre moisi.. Evidemment!.. Faut se coucher... c'est étrange! la chambre me paraît plus vide ce soir !
ANDRÉ, rentrant vivement son bougeoir à la main.
Pardon... c'est encore moi.
NIGOLETTE.
Ah! vous m'avez fait peur!
ANDRÉ
Je sortais d'ici sur la pointe des pieds... je descen-
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dais l'escalier quand tout à coup une porte s'entr'o;ivre... la tante remontait! J'ai soufflé précipitamment la bougie et je suis rentré !
NIGOLETTE.
Que cherche-t-elle ?