ACTE DEUXIÈME
ce n'est pas de ma faute. Je suis forcé de m'impose!" encore !
NIGOLETTE.
Baste! Je me sens très éveillée... Causons.
ANDRÉ
Qu'est-ce qui vous a fait ce peignoir-là?
NIGOLETTE.
Une petite couturière qui travaille très bien. Vous le trouvez à votre goût ?
ANDRÉ
Le peignoir, oui... Mais surtout ce qu'il y a dedans.
Vous avez changé d'avis depuis tantôt ?
ANDRÉ
Dame, c'est vous qui avez changé d'épaules, depuis, autrefois ?
NIGOLETTE.
Quelle jdée !
ANDRÉ
Je vous l'affirme ? Vous n'aviez pas ces épaules-là en vous mariant !
NIGOLETTE.
Si fait I
ANDRÉ
Non. On les aurait mises dans le contrat... Je vous trouve vraiment en forme.
NIGOLETTE.
Mon pauvre André 1 Vous êtes comme les escargots de Bourgogne, pour vous donner du goût il faut vous faire jeûner.
■ ' ANDRÉ
Ohl Croyez que je parle d'une façon bien désintéressée ? (a part.) Gristi, qu'est-ce que la tante a fourré dans sa drogue.
Ne marchez pas ainsi. Asseyez-vous.
ANDRÉ
Non... non... (Respirant.) Tiens, vous avez un nouveau parfum?
NIGOLETTE, vaporisant.
C'est du Chypre très doux.
ANDRÉ
J'adore ça... ça monte à la tête... Avec du tabac blond, ça vous grise un homme.
NIGOLETTE, prenant un attjrail de fumeur.
Du tabac blond ! J'en ai... Tenez... (eiib lui tend un
étui et allumé une cigarette.) Et VOici du feu ! ANDRÉ, allumant.
Merci... Maladroit!... Je l'ai brisée I
NIGOLETTE, lui donnant sa cigarette.
Alors prenez celle-ci.
ANDRÉ
Colette !... (ll se promène avec agitation.) C'est très
dangereux ce que vous faites là.
NIGOLETTE.
Si dangereux que cela ?
ANDRÉ
Il faut que je m'en aille... et tout de suite.
NIGOLETTE.
Sinon?