INTRODUCTION
tion politique el sociale et ne tardent guère à émigrer. Maruionlel, i'auieur de ce Bélimire condamné par la Faculté de théologie, celui que Voltaire appelait « illustre profès », preud peur tout de suite. Un arrêt du Conseil ayant supprimé le Journal des Etats-Généraux publié par Mirabeau, l'Assemblée générale des électeurs du Tiers-Etat de Paris protesta unanimement contre cette mesure. Unanimement? Non. Un seul membre l'approuva ; et c'était Marmontel '. — Bernardin de Saint-Pierre, qui avait été plus que le disciple, l'ami de J.-J. Rousseau, vit à l'écart et comme caché dans sa maison de la rue delà Reine- Blanche; ainsi que le remarque Chamfort, ses Vœux d'un Solitaire (1 789) retardent déjà sur ceux de la nation -. Avant la Révolution, le révolutionnaire le plus brillant et le plus bruyant, c'est, sans contredit, Beaumarchais : que fait-il aux premières heures de 1 789 ? II écrit aux Comédiens français une lettre fort timorée à propos du Charles IX de Joseph Chénier ^! Puis il s'efl'ace ; on n'entend plus parler de lui, sauf pour une afiaire de fusils à vendre à la nation ; il s'est rallié sans doute à la Révolution, mais en homme qui la subit plutôt qu'il ne l'accepte. — En 1781, le livre de Raynal, censuré par la Sorbonne, est brûlé au pied du
1. Mémoires de Ba' Il !/, cités par Sainte-Beuve, Causeries du Lundi, IV, 538.
2. Chamfort, Œuvres, III, p. 28. Pourtoutesnos citations de Charnfnrt, nous renvoyons toujours à l'édition Auguis. (Paris, 1824, 5 volumes in-8°.)