‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 144 sur 201 · d. Al'GUis, 1. iU · texte numérisé non relu

d. Al'GUis, 1. iU

l'observateur et le moraliste 195

fiers qu'ils puissent être, ses principes ne le satisferaient point, si sa conchiile ne les manifestait pas àd'auli-es qu'à lui : « Ils tuent, ils massacrent^ ils maudissent ; qu'y a-t-il là qui empêche tonùme de rester pure, sage, modérée et juste? » Ainsi parle Marc-Aurèle, persuadé que nous devons sans peine nous résigner à l'injustice des hommes, pourvu seulement que nous trouvions en nous de quoi être contents de nous-mêmes. Voilà vraiment de l'égoïsme transcendant ; mais ce n'est pas là l'idéal de Chamfort ; et il sort de son livre unetoulaulre leçon. Une sagesse résignée et simplement sur la défensive, fùt-elle très haute, n'est pas son fait. En vain a-t-on conquis l'autonomie intérieure ; en vain condamne-ton dans son âme l'injustice et la servitude ; si, dans la vie, on les subit, ce n'est plus résignation et patience, mais faiblesse. « Au lieu de vouloir corriger les hommes de certains travers insupportables à la société, il aurait fallu corriger la faiblesse de ceux qui les souffrent '. » Chamfort pense qu'à porter patiemment la servitude, on risque de contracter de la servilité : « Presque tous les hommes sont esclaves par la raison que les Spartiates donnaient de la servitude des Perses, faute de savoir prononcer la syllabe non- », De même le plus souvent on devient complice de l'injustice, lorsqu'on la subit sans être tenté de protester : « Les gens faibles sont les troupes légères de l'armée des méchants ; ils font plus de mal que l'armée même ; ils infestent et

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