‹ Chamfort, étude sur sa vie, son caractère et ses écritsChapitre 170 sur 201 · Ed. AUGUis, I · texte numérisé non relu

Ed. AUGUis, I

236 CIIAMFORT

démocratie nationale les éléments démocratiques de la hiérarchie ecclésiastique. Les adhésions bruyantes de quelques membres du bas clergé, et môme de quelques hauts dignitaires, avaient pu faire espérer que la fameuse Constitution civile allait changer la tradition et l'esprit de l'Eglise de France. Chamfort, comme beaucoup d'hommes de son époque, de son milieu, a cru sincèrement pen- Ni dant un temps au curé patriote. De là ses articles sur l'homélie du curé de Congis et sur les prônes civiques de l'abbé Lamourette '. Cette Adresse aux Provinces, qu'il avait rédigée pour le compte de Talleyrand, n'avait-elle pas été lue et commentée en chaire dans toutes les paroisses ' ? Etait-il interdit dépenser que tous ces humbles prêtres, délivrés de la tutelle de supérieurs qui les ruinaient et les opprimaient, seraient disposés à soutenir une révolution dont l'idéal moral et social se retrouvait dans l'Evangile ? — Mais si, pour ces diverses raisons, Chamfort a été sobre de traits contre les prêtres, il n'admet rien de ce qui, jusqu'à ce temps, a donné à l'Eglise sa forme et sa force. La théologie n'est pour lui qu'un «catéchisme de métaphysique absurde et inintelligible », ou encore le chef-d'œuvre de l'habileté sacerdotale qui a su « rendre temporelle la puissance spirituelle accordée parle Sauveur aux pasteurs de l'Eglise •* ». Dans la morale chrétienne il rejette « cette doctrine de patience, de soudrance, d'abnégation de soi-même et d'avilisse-

i. Voir édition AuGUis, lU, p. 119 sqq. et 178 sqq.

Page 1