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CIUMKORT RÉPUBLICAIN ET DÉMOCRATE 25o
crel, il n'est pas aisé de le faire parler si on n'est pas riche '. »
Arnault a beau être l'ennemi de Talleyrand : ses affirmations ne sauraient être suspectées ni écartées de prime abord. Lorsqu'il écrivait ces lignes, il avait exercé de hautes fonctions officielles ; il était membre de l'Institut, où il avait Talleyrand pour collègue. En pareille situation, si malicieux qu'on soit, l'on ne médit pas à la légère. En tout cas, bien que l'œuvre d'Arnault, qui contient cette affirmation, ait paru du vivant de Talleyrand, celui-ci ne la démentit point et ne la lit point démentir. — Ilsemble même qu' Arnault a recueilli le renseignement qu'il nous donne de la bouche même de Chamfort. Dans les premières années de la Révolution, il le rencontrait souvent, à Versailles, chez Maret et Méjean : « Sans suivre assidûment les travaux de l'Assemblée, dit-il de Chamfort, il venait assez fréquemment à Versailles, où l'appelaient ses relations avec quelques députés dont il traduisait les pensées ou par l'organe desquels il publiait les siennes. D'après ce qu'il m'a dit, Mgr l'évèque d'Autun lui aurait plus d'une obligation de ce genres». Ces raisons ont sans doute frappé M. Dreyfus-Brissac, qui, dans un article de la Revue iuleniationale de l'Enseii/ncment, se déclare disposé à croire que Chamfort a tenu la plume pour Talleyrand.
M. Aulard n'en juge pas ainsi. Il estime qu'il
1. Ciik -ptir Dreijfiis-Brissac. ^ liei'ue idtei'Hatioiiale de renseignement, lï octobre 1892.