JFrf. Alglis, V, 41S
et pensées ; — 2° partie : Caractères ; — 3" partie : Anecdotes. Ginguené fut persuadé qu'il y avait là le titre et les divisions d'un grand ouvrage dont Chamfort « avait parlé ù mots couverts à très peu de personnes». Et c'est bien sans doute ce même ouvrage auquel il fait allusion dans un morceau écrit en l78;Jou 1786 et où il répond à cette question : « Pourquoi ne donnez-vous plus rien au public ?» — « C'est que, dit-il entre autres choses, je travaille pour les Variétés amusantes, qui sont le théâtre de la nation , et que je mène de front, avec cela, un ouvrage philosophique, qui doit être imprimé à l'imprimerie royale '. » En rapprochant ce passage du témoignage de Ginguené, n'est-on pas conduit à penser que Chamfort ne tarda guère, en prenant ses notes, non pas peut-être à être guidé par un dessein, mais dominé par une préoccupation ? Il voulut, en observant la société de son temps, saisir l'influence que les institutions politiques et sociales exerçaient sur les mo'urs, et marquer comment les abus engendraient la corruption. C'est là le sens du titre ironique qu'il voulait donner à son ouvrage : Produits de la civilisation perfectionnée. Et ce qu'on y trouve surtout en effet, ce sont des études qui semblent bien avoir été faites pour composer un tableau de la décadence morale de la société monarchique et aristocratique en France.
Pour faire cette œuvre d'observateur et d'historien moraliste, il fut assurément bien placé.