XVIII NOTICE
Dans de riches joyaux, a frappé sur ton anche
D'ivoire et d'ébénier ; Accompagnerais-tu d'une enfant angélique,
La timide leçon?
Si le rythme est bien sombre et l'air mélancolique,
Trahis-moi sa chanson.
Non : j'entends les pas sourds d'une foule ameutée.
Dans un salon étroit ; Elle vogue en tournant, par la walse exaltée,
Ebranlant mur et toit.
Au dehors bruits confus, cris, chevaux qui hennissent.
Fleurs, esclaves, flambeaux ; Le riche épand sa joie et les pauvres gémissent.
Honteux sous leurs lambeaux !
Autour de moi ce n'est que palais, joie immonde,
Biens, somptueuses nuits. Avenir, gloire, honneurs : au milieu de ce monde.
Pauvre et souffrant je suis Comme entouré des grands, du roi, du saint office.
Sur le quémadero, Tous en pompe assemblés pour humer un supplice.
Un juif au bra:{ero !
Car tout m'accable enfin : néant, misère, envie.
Vont morcelant mes jours !
Mes amours brochaient d'or le crêpe de ma vie,
Désormais plus d'amours.
Pauvre fille ! c'est moi qui t'avais entraînée
Au sentier de douleur ;
SUR CHAMPAVERT
Mais, d'un poison plus fort, avant qu'il t'eût fanée, Tu tuas le malheur !
Eh! moi, plus qu'une enfant, capon, flasque, gavache.
De ce fer acéré Je ne déchire pas avec ce bras trop lâche
Mon poitrail ulcéré !
Je rumine mes maux : son ombre est poursuivie
D'un regret coutumier.
Qui donc me rend si veule et m'enchaîne à la vie?...
Pauvre Job au fumier.