EXPLICATION DE LA PLANCHE XVII
1 Polyporus myconoïdes.
Port grandeur naturelle; un individu est coupé longitudinale tu e n t.
N. Patouillard. — Champignons de la Nouvelle-Calédonie.
2 Polyporus Pancheri.
a Port grandeur naturelle.
b Ouverture des tubes vue à la loupe.
3 Ganoderma amboinense.
Spores grossies.
4 Æcidium Balansæ.
Spores grossies.
5 Sorosporium Caledonicum.
Glommérule de spores et spores isolées.
6 Nummularia macrospora.
a Port grondeur naturelle, face inférieure, b Coupe grandeur naturelle du stroma, montrant la disposition des périthèces.
c Thèque grossie.
d Sommets de tbèqucs montrant l’obturateur dans différentes
positions.
e Spores grossies.
7 Poronia ustorum.
a Port grandeur naturelle,
b Port grossi, face inférieure et face supérieure,
c Un périthèce grossi,
d Thèques.
e Spores.
Sur la germination d’un llclminlhosporium
par M, CostaNT i x.
L 'Helminthosporium est une Mucédinée qui pousse sur les branches d’Érable et y forme comme une petite forêt noire constituée de filaments dressés et cloisonnés qui se terminent à leur partie supérieure par des spores longues présentant le plus souvent cinq à huit cloisons.
J’ai placé en cellule humide soit des spores de cette plante, soit des articles et j’ai obtenu des germinations qui m’ont présenté un certain nombre de phénomènes assez curieux.
1°. Germination de fragments du pied. — Le pied, mis en culture sur du jus de pruneaux le 26 février, a donné, le 10 mars suivant, une riche ramification qui partait de ses deux extrémités. Ces deux branches terminales se ramifient immédiatement en un grand nombre de rameaux tout de suite incolores. — Une culture faite sur la gélatine montre la même germination terminale à l’endroit où les lilaments ont été rompus, mais il y a en plus un bourgeon latéral. Ces cellules à paroi brune sont donc susceptibles d’entrer en activité et de produire un arbuscule comme les cellules terminales. Il est à remarquer que les filaments nouveaux produits sont toujours d’un diamètre plus faible que le filament ancien dont ils semblent sortir comme d’un fourreau. Dans cette dernière culture, les cellules nouvelles plus voisines de l’article (pii germe sont cutinisées comme les cellules qui les produisent mais plus faiblement; mais, bientôt après, les éléments cellulaires qui sc forment à nouveau deviennent incolores comme dans le premier cas.
Costàntin. Sur la germination d'un lïelminthospoeium .
2°. Germination des spores. — Les spores articulées de la plante se comportent exactement de la même manière que les articles du pied. — Elles germent surtout parla partie amincie à l’aide de laquelle elles s’attachent an pied. Il part de ce point un filament plus mince que cette extrémité, cutinisé comme la spore, qui se ramifie plusieurs fois en restant brunâtre et qui ne devient clair que beaucoup plus tard. Il semble donc que la spore n’offre aucune propriété la rendant capable de germer plus facilement que le pied qui la supporte,
8°. Formation de conidies. — Les filaments produits dans ces milieux nutritifs, soit par les articles, soit par les spores pluricellulaires, après s’être ramifiés pendant un certain temps sont susceptibles de présenter deux phénomènes nouveaux : une cutinisation locale de la membrane et la formation de conidies. La cutinisation peut se produire au milieu d’un blâment ou à sou extrémité; dans un cas comme dans l’aulre, c’est quelquefois une seule cellule qui offre une coloration brunâtre dans sa membrane, d’autrefois plusieurs éléments sontcolorés. On observe donc une série de fragments bruns réunis pardes parties incolores. Ce sont ces portions de filaments restées incoloresqui jouissent de la propriété de produire des eonidies. Ces conidies incolores sont fusiformes, pointues à un bout qui sert d’attache et arrondies à l’autre extrémité. Elles apparaissent sur des saillies des cellules du filament qui ont souvent l’aspect de crans où elles s’insèrent solitairement ou en petit nombre. Ces petits supports conidifères sont quelquefois arrondis au lieu d’êlre pointus et on voit alors huit à dix conidies s’y fixer de façon à y former une sorte de petite tête.
Xole sur deux cas de iiionslruosilés chez les Agariciiiées
p ak M. Louis Mokot.
J’ai ou l’occasion d’observer dans le cours de l’année dernière doux cas tératologiques dont on n’a pas encore, que je sache, cité d’exemples et que, par suite, il me paraît intéressant de signaler en quelques lignes aux leoleurs de ce Hullelin.
Le premier in\a été offert par un échantillon de Lactarius torhiinostis. On sait, du reste, que les Lactaires sont un des genres (pii présentent le plus fréquemment des formes Iéralologiques. Mon échantillon, représeulé ici en grandeur naturelle, n’avait que des dimensions très restreintes. Comme on le voit par la ligure, le chapeau normal avait tout d’abord produit A sa face supérieure un second chapeau pins petit, mal conformé, incomplètement développe el renverse, c’est-à-dire ayant les lamelles hyinéniales dirigées vers le haut» L'apparition d’un semblable chapeau renversé lixé au sommet d’mi chapeau normal d’Agaricince est un phénomène qui, sausèlre commun, n’est, cependant, pas non plus très rare et que m’ont présenté notamment plusieurs espèces de Lactaires, le Clitoeybe laceata, etc. Mais dans le cas particulier qui nous occupe, l'anomalie allait plus loin : en effet, du centre de ce chapeau renversé s’élevait un pied lerminé lui-mème par un troisième chapeau, celui-ci normalement orienté, c’est-à-dire portant des lamelles A sa partie inférieure.
En résumé, le Champignon primilif \ ortait au sommet de son chapeau un autre Champignon plus petit, mais parfaitement constitué, dont le pied était entouré à la hase d’une sorte de collerettd formée par un chapeau renversé soudé au premier.
L. Morot. — Noie sur deux cas de monstruosités chez les Agaricinées.
Le second cas tératologique que je veux signaler m’a été offert par un échantillon de Psalliota sylvicola. Lorsque je l’ai récolté, l’anneau n’était pas encore séparé des bords du chapeau, et rien, dans sa configuration extérieure, ne trahissait la structure anormale qu’il m’a présentée en s’épanouissant.
Ce Champignon était pourvu de deux anneaux superposés confondus seulement à leur point d’atlache avec le pied et indépendants l’un de l’autre dans le reste de leur étendue. En même temps le chapeau présentait à sa face interne, à une certaine distance de son bord, un sillon circulaire, large de 2 à 3 mm., auquel adhérait primitivement l’anneau supérieur. Les lamelles normales qui partaient du sommet du pied s'arrêtaient à ce sillon, et d’autres lamelles occupaient la zone comprise entre le sillon et les bords du chapeau.
Il semblait, en un mot, qu’une fois le Champignon complètement constitué, le chapeau avait continué à s’accroître par son bord, tout en produisant sur tout son pourtour ainsi accru de nouvelles lamelles qu’un anneau supplémentaire était venu protéger.
l\olc sur quelques Urcdinces de la flore de France,
par M. A. Gaillard.