‹ Champlain célébré par les Normands et les CanadiensChapitre 44 sur 45 · SÉANCE AU MUSÉE SAINT-ÉTIENNE · texte numérisé non relu

SÉANCE AU MUSÉE SAINT-ÉTIENNE

Un public nombreux se rendait l'après-midi, au Musée Saint-Etienne, pour assister à la conférence sur le Canada, faite par M. Lionnet, président de la Canadienne.

Sur l'estrade, prennent place : MM. Heclor Fabre, Ruel, Baudry, maire, GeofTrion, D*" Durel, M. l'Administrateur de la Marine ; MM. les Officiers de VIbis et du Mangini ; les Membres du Comité du Vieux Ronfleur.

M. Ruel, au nom de ses collègues, salue en M. Hector Fabre, le représentant de sir Wilfrid Laurier, et le prie de transmettre leur reconnaissance au premier ministre du Canada.

Il remercie les autorités civiles et militaires qui ont voulu honorer de leur présence, cette réunion. En des termes très heureux, le Président de la Société fait l'historique du départ de Samuel Champlain, retrace les luttes qu'il soutint, les travaux qu'il enireprit pour fonder Québec, où l'on montre encore l'emplacement des premières constructions. M. Ruel fait ensuite ressortir le respect qui s'attache au nom de Champlain après trois cents années et termine son discours par les paroles suivantes qui sont vivement applaudies :

Nous aussi, nous avons le cullo de nos gloires el dans oc reliquaire du Vieux Honfleur, temple des souvenii's, nous, les pelils-lils des hardis matelots et des laborieux artisans compag'nons de Champlain. associons dans une même glorification, l'illustre marin et ses obscurs serviteurs.

Les aïeux de ces humbles sont les nôtres : le sang honlleurais coule dans les veines des Canadiens; ce sont des « gens de chez nous » qui sont là-bas sur les rives du Saint-Laurent.

Monsieur le Ministre, dites-leur, nous vous en prions, que sur les rives de la Seine, il est un tout petit port blotti dans la verdure, où fon a fêté le

troisième centenaire de la fondation de Québec ; dites-leurs qu'ils ont, là, des arrières-cousins qui les aiment, et qu'aujourd'hui, à leur délicate devise : « Je me souviens, » un écho a répondu dans le cœur de chacun de nous : Je me souviens ».

M.Ruel donne ensuite la parole à M. Lionnet. Celui-ci, après avoir exprimé le plaisir éprouvé par lui en visitant pour la première fois noh^e ville pittoresque et ses promenades incomparables, nous décrit, en conférencier excellent et des mieux documentés, le Canada.

L'orateur qui a parcouru ce beau pays, nous fait part des impressions que ressent le voyageur arrivant par la voie magnifique et vraiment royale du fleuve Saint-Laurent .

A Québec, l'ancienne capitale de la Nouvelle-France, l'on se trouve au milieu d'une population qui nous porte la plus vive sympathie et qui conserve jalousement nos traditions ainsi que notre langue.

Pour montrer quel z.èle les Canadiens-français mellent à garder, dans toute sa pureté, le langage des ancêtres, M. Lionnet cite l'exemple de la Société du Parler Français au Canada, dont M. Adjutor Rivard est le dévoué et très actif secrélaire général. Cetle société est une petite académie essentiellement militante, un concile permanent qui poursuit sans cesse l'exiermination de l'hérésie . . .

Successivement, le conférencier nous conduit à Montréal, ville de 400,000 habitants, où les Canadiens français gagnent tous les jours du terrain ; à Gltawa, capitale de la confédération, où notre race occupe également une place trèsimporlanle.

Sir Laurier Wilfrid, premier minisire, est lui-même d'origine française. Sa haufe intelligence, sa largeur de vues, son autorilé bienveillanle, font qu'il conservera longtemps encore le pouvoir.

En poursuivant son voyage dans l'ouest, M. Lionnet montre que, même dans cette immense terre déserte, les Canadiens-français réussissent à merveille. Ils réussiront partout d'ailleurs, car la haute mission qu'ils se sont donnée avive leur esprit et multiplie leurs forces, ils ont l'espoir et l'ambition de faire de leur pays, la France d'Amérique, c'est-à-dire le champion de l'idéal dans le nouveau continent. (')

Cette conférence, attachante en tous points, a été vivement applaudie; aussi, M. Ftuel s'est fait l'interprète de tous, en remerciant chaleureusement le conférencier.

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