SCÈNE xm
ClUMPMESLli, MARIE.
MARIE, prèi iCentrer dons ta chambre, revient tur te$ pas.
Que tenez-vous donc la? n'cst-ce pas une lettre?
CAMPUBSI.^. earhant vitement la lettre.
Oui, c'est un mot d’affaire!
MARIE
Un mot d'amour peut-être! ..
CHAUPMRSLé, d part.
D'amour... j'en ai bien peur.
Haot.
De ma fidélité.
Je pense, jusqu’ici vous n’avez. p.is douté.
MARIi:.
Si j'en doutais jamais, je vous le dis d'avance, Voua auriez tout à craindre alors de ma vengeance. La loi du talion bientôt...
CHAMPME.SI 1^.
Que dites-vous?
MARIE, rtonf.
Coupable; arer-voua peur? ou seriez-vous jaloux ?
CnAlIPMBSI.Ê.
Ni jaloux .. je n'ai pas ce défaut ridicule;
Ni coupable vraiment; mais, la, sans nul scrupule. Vous m'aisurez...
MARIE
Mon Dieu!... je dis la vérité I Comme on traite les gens on doit è re traité.
cHAMPMRsii. à part.
Dieu veuille que déjà sa légère morale N'ait pas pris les devants!
MARIE
La foi doit être égale
Des deux rotés, monsieur.
CUAMPHESié, froissant le billet.
Un rendez-vous !
MARIE
V ^ biciil
Vous ne répondez pas?
CHAMPlIBSlé.
Votre avis est le mien. ‘
A part.
Le premier, il est vrai!
MARIE
Ile billet vous occupe.
CIlAMPMBSlé.
Non pas : je r^lKchis que je auis eolre dupe.
Je ne Trikiuenie pai les beautés de la cour.
Tandis qu'aulour de tous enrourageant l’amoiir. De nos jeunes seigneurs tous chercbei les homtna-
[ ges ;
Mon logis était plein d’amis graves cl sages,
Vous les ferez l’enfuir en recevant chez vous Des héros de banquette, oui. tous ces jeupea fous. Dont l’imporiunilé chaque jour plus hardie Au public qui les siffle offre la comédie ;
Il appuie sur les quatre derniers vers.
Des fats pour la plupart tout prèu à se vanter Dès qu’un mot imprudent c.nI venu les flatter •
Des faiseursde pari, dont l’honneur d’une femme N est souvent qu'un enjeu.
marie.
Monsieur, qui donc me blâme î CIlAUrME.SI é.
La Fontaine d’sbord.
* MARIE
. La Konulne ! vraiment
Il se bat, puis tolère a sa femme un amant.
CilAHPMESLÉ.
Racine aussi...
MARIE
Racine, il sort jojeux...
CIIAMPIIESLÉ.
Il.ul. ■'■'""S'-
.Moi aièmeenflii
MAGASIN théâtral.
A part.
Je joueun furt toi pertonnagic.^
MARIE
Quel tort tout ai-je fait ?
CHAHPMRSLÉ, d part.
Quel MDg'frotd ! Quel aplomb!
Ilauu
Me dire*-voui pourquoi de monsieur de Clermonl Le valet est venu ? Pour vous prier peul-èire De recevoir chei vous son jeune el noble roallre-
MARIS
Eh! quand cela serait T
CHAHPMRSli.
Je ne suis pas jaloui.
Encore une fois, non, j'al confiance en vous;
Mais lorsqu’on est poussé par un sentiment
[tendre.
De certains mouvements on ne peut sedëfendrc... A part.
Tâchons de l’émouvoir.
Haut.
Ne m'airocz-vous donc plus?
Mes efforts désormais seraient-ils superflus ? Lorsqu’à Houeii jadis je vins à vous connaître. Quand vous m'avet aimé pour m'avoir vu pa-
[ralue,
Sur la scène, accueilli des bravos du public...
. Quand, d’un père marchand dédaignant le trafic, Vous m'avez voulu suivre en ma noble carrière. Dont je vous aplanis la rudesse première.
Car longtemps, près de moi, sans réputation.
Vous n’avez eu d'appui que celui de mon nom.
Qui m’eût dit que mes soins, que ma solliciiiide Seraient payés un jour par votre ingratitude.
Que le souffle empressé de quelque courtisan Comme une bulle d'air détruirait mon roman l MARii, avec raillerie.
Voua pourriez réussir en montant dans la chaire ; Mais de tous vos sermons, ici, je n’ai que faire. Quel bruit peur un valet qui, par honnêteté,
De la part d’un ami s’enquieride ma santé I Ne connaisaei-vous point d’ailleurs mon carac* Le ciel ne me fil pas pour vivre solitaire : [1ère? Ce monde est un théâtre où je prétends entrer, Avec quelques succès je pente y figurer.
Je ne le cache pas: par-dessus tout j’envie Ces beautés en renom, ces femmes dont la vie, D'hommages entourée, éblouit tous les yeux.
Je me croit destinée à ce sort radieux.
Il est beau, sans avoir de quartiers de noblesse, De passer en Ir.omphe ainsi qu'une duchesse.
De voir de tout côtés se courber «sous ses lois Des fronts que bien souvent n’ont pas soumis les
[rois,
D’entendre dire alors : C’est une comédienne. Qui, triomphantaiusi de toute race ancienne,
S égale avec orgueil, par le droit du talent,
A tout ceque Paris renferme de brillant, [gloire. C’est mon ambition : oui, monsieur, j’en fais Et je cours méditer quelque grande victoire.
Elle va pour entrer dans cliambre.
CHAMPMBSLÊ.
Arrêtez un moment t laissez au genre humain Queique,peu de répih Croyez-vous que l’hymen Doive s’accommoder de ce genre de vie?
MARII.
Il le faut bien...
CHAHPMRSLi.
Eh quoi ! je vous verrai suivie A toute heure de gens qui vous parlent d’amour ! MARIE.
N'ètes-vout donc pas fier qu'on me faste la cour?
CIIAMPMESU.
Non, je ne le suis pat.
MARIR.
On est heureux soi-même Lorsqu’on voit admirer les personnes qu’op aime.
CIIAMPHESLé.
Je ne puis être heureux ni fier quand |pès de vous Rôdent tous ces larrons de l'honneur des époux. Lesquels, trouvant loujoursma présence importune Cherchent pour m’éloigner cent raisons au lieu
[d’une.
MARIE
De quoi vous plaignez vous ? D’un piège su-
[boroeur.
âlonsieur, jusqu'à présent j’aisauvé mon honneur. CUAMrMESLà.
Mais est'il bien besoin que vous soyez sauvée.
Que le péril. .
MAKIE.'
Voilà la leçon achevéel Si vous prétendiez être un mari de ce goût.
Il fallait délaisser le théâtre avant tout.
Vous marier ensuite avec quelque bourgeoise.
Et puis vous enterrer avec elle à Pontoise.
CIIAMPMESLÉ, à part.
Elle a réponse à tout... Et pourtant ce billet... Je pourrais la éonfondré. ..
MARIE
Allons donc, s'il vous plaît.
Un peu de complaisance : il est bon que les autres M’entourent de leurs voeux pour exciter tes vôtres. Votre émulation redoublera de soins.
St je vous aimais plus, vous m'en aimeriez moins.
CHAMPMBSLE.
C’est trop fort.
MARIE
Permeitezque j'aiiieà ma toilette :
Je la veux aujourd’hui, pour mieux plaire, corn-
[‘plèie.