CHAPITRE VII
Complications
Nous avons dit en parlant du pronostic que celui-ci devait être presque toujours réservé. C’est que nombreuses sont les complications du chancre mou ano-rectal.
a) Il peut d’abord se compliquer d’énoculation syphili-. tique concomitante. Il s’agit alors de ce qu’on appelle le 4
chancre mixte, c’est-à-dire à la superposition en un même
point de l’organisme de deux maladies, l’une locale,
la chancrelle, l’autre générale, a syphilis. Le chancre ? g ; 7,
mou qui précède le chancre induré ne présente du
reste aucun caractère particulier : il suit son évolution ordinaire, quelquefois même peut se cicatriser, mais dans d’autres cas au lieu de rester stationnaire et de conserver son aspect fissuraire, on le voit à un moment donné s’élargir à sa base et s’indurer. Il prend l'aspect du chancre syphilitique, avec cette différence que la suppuration est beaucoup plus abondante et qu’elle conser-
vera toujours sa propriété caractéristique d’être inocula-
ble au porteur.
RMS Ce
Comme les chancres mous siègent souvent sur des anus
chroniquement enflammés, hémorrhoïdaires ou plus ou
moins hérissés de végétations, l’induration inflammatoire sera prise souvent pour la dureté spécifique et réciproquement ; aussi ce signe si précieux pour le diagnostic des chancres génitaux n’aura-t-il qu’une valeur relative.
b) Le chancre mou complique les accidents syphilitiques secondaires. — En ce cas, le diagnostic est d'une grande difficulté. Les plaques muqueuses se développent parfois en effet sur l’anus, sans qu'il y ait d’autres accidents visibles sur les téguments et parfois elles n’apparaissent là qu’en très petit nombre.
c) Le chancre mou se développe sur un anus hémorrhoïdaïre. — L’ulcération prend alors un aspect rouge violacé. Elle est plus sanieuse et s’élargit plus rapidement, puis elle reste stationnaire et sans avoir la moindre ten-
dance à se cicatriser spontanément, Alors même que le
pus a cessé d’être inoculable, l’ulcère persiste : le chancre mou s’est alors transformé en ulcère variqueux.
d) Le phagédénisme. — Cest de beaucoup la plus
redoutable des complications. Il s’agit en réalité d’une
gangréne interstitielle envaluissante, Se présentant tantôt sous la forme aiguë, tantôt sous la forme chronique. Dans le premier cas, le pronostic est d’une extrême
gravité, car le mal se propage avec une très grande rapi-
dité. Les téguments sont détruits et parfois sur une étendue considérable; les ganglions de la région inquinale se tuméfent et cette inflammation aboutit souvent à
des suppurations diffuses.
* CRÉANGE : 3