‹ Chanson de RolandChapitre 61 sur 197 · CRINIÈRE · texte numérisé non relu

CRINIÈRE

Croce (puis crosse. — Forme féminine de croc), s. f. : crosse.

Croisier (puis croiser. — Lat. cru- ■ciare, formé sur crucem qui a donné croix), verbe : croiser.

Croissent. Voy. Croissir.

Croissir (origine germanique) verbe :

grincer.

Croist. De croissir.

Croller (lat. *corotulare, fr. : croller, crouler. Le c est tout ce qui reste du préfixe latin co (pour com), ordinairement représenté en français par com, con), verbe: brandir, agiter. La Fontaine emploie le verbe crouler dans le sens transitif : « Jupin croulant la terre. »

Crote (puis croûte. — Lat. crypta, dont la forme savante est crypte. Quant

au mot grotte , il dérive aussi de crypta, mais par l’intermédiaire de l’italien), s f.: grotte.

Cuens, cas sujet de conte 1.

Cui (lat. cui, fr. : cui, qui) cas régime du pronom relatif ou interrogatif = qui, que. de qui, a qui. Aujourd'hui cui (sous la forme qui, sous laquelle il se confond avec le cas sujet) n’est régime direct que comme pronom interrogatif :

« Qui appelez-vous? » Comme pronom relatif il s’emploie seulement après les prépositions : le régime direct est toujours que.

Cuidier (lat. cogitare). Indic. prés. :

jo cuit , tu cuides , il cuidet. — Penser. La Fontaine emploie encore ce verbe :

« Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui... » [La Grenouille et le Bat). On avait aussi le composé outrecuider, que Saint-Simon emploie encore, et dont il nous reste le dérivé outrecuidance.

Cuit. De cuidier.

Cure (latin cura, qui signifie soin, souci), s. f. : souci, soin. La Fontaine : « Le meunier n’en a cure. » C’est par un développement de sens facile à imaginer que cure est arrivé au sens de traitement d’une maladie. — La Bruyère : « On dit curieux, qui est dérivé de cure, qui est hors d’usage. »

Curios (puis curieux. — De la même famille que cure. Voy. ce mot), adj. : soucieux, inquiet. C’est par l'intermédiaire du sens de « qui prend souci de » qu’on est arrivé au sens actuel. — Bossuet : « Ceux qui connaissent tant soit peu les antiquités savent combien les premiers temps étaient curieux d’ériger et de conserver de tels monuments. »

Dam. Voy. Damne .

Damage (lat. damnaticum), s. m. :

dommage, perte, désastre. — « Faire dommage de quelqu’un » c’est lui causer du dommage.

Dame. Voy. Damne.

Damne (lat. dominum ou dominam, fr. : damne, puis dame , formes qui sont des deux genres. On trouve aussi pour le masculin la forme dam au cas régime, danz au cas sujet). Dans la Chanson de Roland dame est substantif féminin, damne est toujours joint au nom de Dieu dans la locution « Damne Dieu » deve-

nue plus tard « Dame Dieu » et qui signifie proprement le Seigneur Dieu. Enfin dam se joint aux noms propres avec le sens de Seigneur.

Danz, cas sujet de dam.

Dapamort. Nom du roi des Wilzes.

Il aide Baligant à diviser son armée en trente échelles. Il est tué par Guineman.

De (lat. de), préposition : de. Sens divers : par, après les verbes passifs, notamment dans « Sauvé soyez de Dieu ! »

formule de salutation. — Avec : « frapper de cœur et de vigueur. » On dit encore : « de tout cœur. » — Quant a : « Du roi

DEFROISSIER

DEMOSTRER

païen, croyez que, etc. Des Sarrazins, il leur fait grand dommage. » Ce sens de « de » s’est conservé assez longtemps avec les pronoms personnels comme réimes. Malherbe, dans les stances à Du érier : « De moi, déjà deux fois d’une pareille foudre Je me suis vu perclus. » La Bruyère parle avec regret de cette locution : « Il y avait à gagner à dire de moi au lieu de pour moi ou de quant à moi. » — Pour : « De nos intérêts il m’a engagé sa foi. » — Par l’effet de, a cause de : « il se pâme du sang qu’il perd. » INous disons : « il se pâme de douleur. » — Que, après un comparatif :

« tu es meilleur de lui; mieux de moi. » Nous employons encore de avec cette valeur dans quelques locutions : « plus de deux, moins de vingt. » — « De » peut encore avoir le sens de au nom de.

Dechadeir (auj. déchoir. — Composé de chadeir ), verbe : tomber.

Dechadrat. De dechadeir.

Dechiédent. De dechadeir.

Dedenz (puis dedans. — Composé de de répété et de enz ). prép. et adv. : dans, dedans. Au xviie siècle dedans s’employait encore comme préposition. Racine : « j’en voyais et dehors et dedans nos murailles. » Dedesoz (puis dedessous. — Composé'de desoz, qui a le même sens), prép. et adv. Dans dedessous le préfixe de se trouve répété. 11 en est de même dans dedans {= de d’enz. Voy. Enz).

Dedevant (Voy. Dedesoz pour une formation semblable), prép. : devant.

Défaillir (composé défaillir. Voy. ce mot pour la conjugaison), verbe : man quer, faire défaut.

Defalt. De défaillir.

Defendre (lat. defendere), verbe.

Après « défendre à quelqu’un que », le sujet de la proposition subordonnée peut ne pas être le même que le régime indirect de défendre : « Je vous défends que personne n’y touche. »

Defenir (composé de fenir), verbe :

achever. — « Defenir une bataille » c’est la gagner.

Defension (lat. defensionem ), s. f. :

Page 1