‹ Chanson de RolandChapitre 87 sur 197 · FAILLIR · texte numérisé non relu

FAILLIR

Estent. De ester.

Estordre (composé de tordre . — Lat.

extorquere , qui a aussi produit la forme savante extorquer). Prétér. : il estorstrent. Futur : il estordrat. — « S’estordre de » ou « estordre de » = se tirer de.

Estorgant. JNom d’un Sarrazin. Il figure parmi les douze pairs de Marsile. Il est tué par Othon.

Estorgos. Nom d’un Sarrazin qui est tué par Olivier.

Estorn (puis estor, estour. — Origine germanique), s. m. : combat. — « Rendre un estour à quelqu’un », c’est lui livrer bataille. On disait de même « rendre bataille ». Voy. Bataille . — « Vaincre l’estour », c’est gagner la bataille.

Estoveir (d’après l’ingénieuse hypothèse de M. Tobler, le lat. est opus (= il est besoin), serait devenu est oes (Voy. Oes) dont on aurait fait un seul mot : estoes. Puis, ce mot ayant le sens d’un verbe à la 3e personne, on Ta terminé par le t caractéristique des 30s personnes : estoet. Enfin sur cette 3e personne on a créé une conjugaison tout entière par analogie avec les verbes qui ont la diphtongue oe au singulier de l’indicatif présent), verbe impers, à radical variable : estoev... tonique, estov... atone. — Falloir, ÊTRE NÉCESSAIRE DE. — « PlllS bels

n’en estoet » = il n'en faut pas de plus beaux , il n'en est pas de plus beaux.

— On disait : « il les estoet morir » et non « il lor estoet morir ».

Estrait (part, passé de estraire (lat.

extrahere ) qui est devenu extraire sous une influence savante) : sorti.

Estramarin, nom propre. C’est un des Sarrazins que Marsile charge d'accompagner Blanchandrin près de Charlemagne.

Estramariz (aussi écrit Astramariz) , nom d’un Sarrazin. Il figure parmi les douze pairs de Marsile. Il est tué à Roncevaux par Béranger.

Estrange (lat. extraneum ), adj. :

étranger. Corneille et La Fontaine emploient encore étrange dans ce sens. La Fontaine : « Et se font écouter des na-

tions étranges » (Fable du Renard anglais). — « Homme étrange » == étranger.

Estre (lat. *essere). Part, passé : estét. Part. prés. : estant. Indic. prés : jo sui, tu iés, il est , nos somes, vos estes, il sont. Imparf. : il ert ou éret, ou il esteit. Prétérit : jo fui , tu fus, il fut, nos fumes, vos fustes, il furent. Futur : il iertt nos ermes , il iérent , ou bien : jo serai, tu seras , il, serat, vos serez. Condit. : il sereit. Subj. prés. : que jo seie, qu’il seit , qu'il seient. Imparf. : qu'il fust. — Etre. — « Bien soit...! » formule qui équivaut à: Puisse réussir...! «Mal soit...! » = Maudit soit...! — «Est, n’est » peuvent équivaloir à « il y a, il n’y a pas ». De même aux autres temps.

— « Il ne peut être que » = il est impossible que.

Estréde (puis estrée. — Lat. strata, d’où, dérive aussi estrade par l’intermédiaire de l’italien. Estrade a conservé le sens de route dans les locutions battre l'estrade, batteur d'estrade), s. f. : route.

— « Je suis en l’estrée » peut signifier je vous montre la route.

Estreit (lat. strictum), adj. : étroit.

— Employé adverbialement : étroitement serré.

Estreu (origine germanique), s. m. :

étrier, qui est le même mot avec un autre suffixe.

Estroér (composé de troer— trouer), verbe : trouer.

Estut. Voy. Ester.

Esvertuder (puis esvertuer, évertuer. — Formé sur vertut ), verbe : évertuer.

Ethiope (lat. Æthiopiam). Nom de pays : Ethiopie. Comparez la vieille forme Arabe au sens à' Arabie. L’Ethiopie fait partie des domaines du calife, oncle de Marsile.

Eudropin. Nom de l’un des Sarrazins que Marsile charge d’accompagner Blanchandrin près de Charlemagne .

J . Eve (lat. aqua. — Nous avons conservé le dérivé évier, dont la forme savante est aquarium), s. f. : eau.

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