‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 142 sur 173 · LA REDUCTION DES RENTES · texte numérisé non relu

LA REDUCTION DES RENTES

Monseigneur, vous dont le génie S'étend sur la postérité, Vous, par qui la France enrichie Chantera sa prospérité.

Daignez écouter, je vous prie,

I, « Le marquis de Caraccioli voulut lutter avec M. de La Condamine et avec M. de Voltaire, qui avait commencé à qui badinerait le mieux l'abbé Terray. On ne l'eût pas cru bien propre à ce combat de gaieté. Il n'était encore connu que par une multitude d'ouvrages de morale et de politique tristes et ennuyeux. Il changea de ton cette fois ; il répandit sur la réduction des rentes une épître assez plaisante qui courut à Tours, où il était réfugié, et vint jusqu'à Paris. » [Mémoires sur l'abbé Terray.)

t/O Clairamhault-Aîaurepas.

Le cri de la nécessité.

Toujours soumis aux lois du prince, Mon cœur avec docilité Reçoit un arrêt qu'en province La renommée a débité :

C'est l'arrêt qui rogne nos rentes Et qui supprime mon souper.

Mais que peuvent des lois urgentes Sur la faim qu'on ne peut tromper?

Mon estomac déraisonnable Ne veut nullement obéir, Et me contraint d'aller à table Quand la nuit commence à venir.

Que ferai-je en ces circonstances?

Ne point manger... votre dessein N'est pas, pour grossir les finances, Que les auteurs meurent de faim.

D'ailleurs, si l'Eglise elle-même Ne veut qu'un jeûne limité.

Nous prescrirez-vous un carême Qui dure à perpétuité ?

Rendez-moi donc, je vous supplie, Par votre générosité, Ce qu'on retranche sur ma vie ; Ou, pour que la loi s'accomplisse, Faites, par un trait inconnu.

Que l'estomac se rétrécisse Conformément au revenu.

Année lyjS. 271

DROLESSE ET PRINCESSE*

Drôlesse !

Où prends-tu donc ta fierté?

Princesse !

D'où te vient ta dignité?

Si jamais ton teint se fane ou se pèle

Au train De cat;in, Le cri du public te rappelle,

Drôlesse !

Lorsque tu vivais de la messe Du moine, ton. père Guimard,

I. « On prétend qu'il s'est élevé une querelle entre la comtesse du Barry et le comte Jean (le beau-frère) ; qu'elle a été si vive que ce dernier, dans un de ces accès d'humeur violente dont on se repent toujours, a exhalé sa bile et a fait une chanson où il se permet de rappeler, de la façon la plus piquante, des choses qu'il aurait dû oublier. Peut-être aussi un plaisant a-t-il été bien aise de trouver cette occasion de décharger la sienne, en imputant au comte Jean une production licencieuse d'une plume très satirique. » {Mémoires de Bachautnont^ Ue comte Jean, qui avait été l'amant de M'"^ du Barry avant de devenir son beau-frère, avait particulièrement contribué à l'élévation de la favorite. Il spéculait avec impudeur sur son crédit et disait cyniquement, lorsqu'il avait à se plaindre de quelque ministre : « que c'était lui qui avait eu l'honneur de donner une maîtresse au Roi, et qu'on prît garde de ne pas lui donner de l'humeur ».

Z'JZ Clair amhault-Maurep as.

Que le Ramson volait la graisse Pour joindre à ton morceau de lard, Tu n'étais pas si fière Et n'en valais que mieux :

Baisse ta tête altière Du moins devant mes yeux.

Écoute-moi, rentre en toi-même, Pour éviter de plus grands maux :

Permets à qui t'aime De t'offrir encor des sabots !

Drôlesse !

Mon esprit est-il baissé !

Princesse !

Te souvient-il du passé ' ?

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