JUSTIFICATION DU MARQUIS DE VILLETTE
Monsieur l'anonyme badin, On ne peut avec plus de hardiesse.
De gaîté, de délicatesse, •
Dire du mal de son prochain.
Votre muse aimable et légère
I. « Un anonyme ayant écrit à M"" Arnould d'assez mauvais vers sur la querelle entre MM. de Villette et de Lauraguais, où l'on reprochait entre autres, au premier, le péché
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pas.
M'égratigne si doucement, Qu'il faudrait être fol, vraiment, Pour aller se mettre en colère.
Recevez-en mon compliment.
Mais pourquoi votre esprit caustique, Sur moi s'égayant sans façon, M'accuse-t-il d'être hérétique Au vrai culte de Cupidon ?
Avez-vous consulté Sophie, Vous qui m'imputez ce péché?
Vous sauriez que de l'hérésie Je suis un peu moins entiché.
Charmé de cet air de tendresse Qui des amours flatte l'espoir.
J'ai souhaité voir la princesse Passer du théâtre au boudoir.
Sur les tréteaux, reine imposante, Elle est ce qu'elle représente; Mais on revient au naturel :
Chez elle, libre, impertinente, La princesse est femme galante.
Gentil ornement de b
Oui, oui, la reine Marguerite L'eût aimée autant que ses yeux,
ulUiphysique, il y a répondu par cette épître. » (Mem. de Bac/imimont.) La querelle dont il est question avait été provoquée, au mois d'août 1766, par un pari que le marquis de Villette avait perdu et dont il avait refusé de payer l'enjeu. Un duel était imminent, lorsque le tribunal des maréchaux de France intervint, fit arrêter les deux adversaires et les condamna à six semaines de prison.
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Elle en eût fait sa favorite :
On doit ses contes amoureux
A son penchant pour la saillie ;
Elle aimait les propos joyeux,
Les plus gros lui plaisaient le mieux,
Elle pensait comme Sophie;
Mais avec l'ardeur de Vénus
Elle a l'embonpoint de l'Envie.
Je cherche un sein, des globes nus,
Une cuisse bien arrondie,
Quelques attraits... Soins superflus !
Avec une telle momie,
Si j'ai pourtant sacrifié
Au dieu qui de Paphos est maître.
Me voilà bien justifié
Ou je ne pourrai jamais l'être.