UN NOUVEAU MARGUILLIER DE SAINT-ROCH
Toi, que je n'ose encore inviter à confesse, Et que pourtant, dans quatre mois, Je dois attendre à ma grand'messe,
Choiseul, de ton curé daigne écouter la voix, Et reçois les vœux qu'il t'adresse.
Quoique tu sois grand ouvrier,
Puissé-je ne te voir que rarement à l'œuvre ! De Laverdy le sage devancier
Dont l'écu porte une couleuvre,
Et qui fut comme toi grand homme et marguillier.
Ce Colbert qu'aujourd'hui le peuple canonise
I. «M. le duc de Choiseul ayant été élu premier marguillier d'honneur de Saint-Eustache, M. le chevalier de Boufflers lui a adressé ces vers pour étrennes, au nom du curé de cette paroisse. » {Mémoires de Bachaumont.)
j6 Clair amhault'Maurepas.
Et qu'autrefois il osa déchirer,
Fit peu d'ordure en mon église Avant de s'y faire enterrer.
Je sais fort bien que tes confrères De Saint-Eustache et de la cour
Aimeraient mieux qu'ici tu fasses ton séjour.
Je sais que maint dévot offre au ciel ses prières Pour ton salut, qui ne t'occupe guères ;
Ton vieux curé consent à ne te voir jamais, Et, s'il forme quelques souhaits, C'est que tu restes à Versailles, Où par toi le Dieu des batailles Serve longtemps le Dieu de paix.
Amen! Ainsi soit-il. Si pourtant chaque année, Choiseul, tu pouvais une fois Quitter le plus chéri des Rois, Qui t'a fait son âme damnée.
Viens te montrer en ces saints lieux, Viens un peu changer d'eau bénite.
Mais surtout retourne bien vite, Exorciser tes envieux !
Année lySy. jy