‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 48 sur 173 · I. D'après la convention reçue que les filles ont le droit · texte numérisé non relu

I. D'après la convention reçue que les filles ont le droit

Année iy6y. 95

Que celles qui, pour prix de leurs heureux travaux, Jouissent à vingt ans d'une honnête opulence,

Ont un hôtel et des chevaux, Se rappellent parfois leur première indigence, Et leur petit grenier, et leur lit sans rideaux.

Leur défendons, en conséquence,

De regarder avec pitié

Celle qui s'en retourne à pied :

Pauvre enfant dont l'innocence

N'a pas encore réussi.

Mais qui, grâces à la danse,

Fera son chemin aussi.

Item, ordre à ces demoiselles De n'accoucher que rarement; En deux ans une fois, une fois seulement : Paris ne goûte point leurs couches éternelles. Dans un embarras maudit Ces accidents-là nous plongent; Plus leur taille s'arrondit.

Plus nos visages s'allongent.

Item, très solennellement.

Prononçons une juste peine Contre l'usurpateur qui vient insolemment.

L'or en main, dépeupler la scène.

Et ravir à nos jeux leur plus bel ornement.

de ruiner leurs amants, la nation les invite à préférer les financiers.

5)6 Clairambault-Maurepas.

Taxe pour chaque enlèvement,

Et le tarif incessamment Rendu public dans tout notre domaine ; Cette taxe imposée à raison du talent, De la beauté surtout : tant pour une danseuse,

Tant pour une jeune chanteuse, Rien pour celles des chœurs : nous en ferons présent.

Et comme un point capital.

En toute bonne police,

Est une prompte justice, * Tous leurs procès jugés à notre tribunal; Jugés sans nul appel : et Tordre et la décence

Veulent que chacun à son tour

Comparaisse à notre audience; Viendront l'une après l'autre et nous feront leur cour :

Les plus jeunes, d'abord admises; Ayant plus de procès, elles pourront nous voir Dès le matin, à sept heures précises.

Ou vers les onze heures du soir.

Et, pour qu'on ne prétende à faute d'ignorance,

Sera la présente ordonnance Imprimée, affichée à tous nos corridors.

Aux murs des loges, aux coulisses, Aux palais des Rolands, aux cliambres des Médors,

Et dans les boudoirs des actrices.

De plus, dans nos foyers sera ledit arrêt Enregistré sous la forme ordinaire.

Année ijGj. 97

Pour le bien général et pour notre intérêt. Détruisant, annulant, autant que besoin est,

Tout règlement à ce contraire,

L'an de grâce soixante-sept.

Fait en notre château, dit en langue vulgaire Le magasin, près du Palais-Royal;

Signé, Le Berton et Trial;

Plus bas, Joliveau, secrétaire ^.

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