‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 55 sur 173 · SUR DORAT · texte numérisé non relu

SUR DORAT

Bon Dieu ! que cet auteur est triste en sa gaîté ! Bon Dieu ! qu'il est pesant dans sa légèreté ! Que ses petits écrits ont de longues préfaces ! Ses pleurs sont des pavots, ses ris sont des grimaces. Que l'encens qu'il prodigue est plat et sans odeur ! C'est, si je veux l'en croire, un heureux petit-maître. Mais, si j'en crois ses vers, oh ! qu'il est triste d'être Ou sa maîtresse, ou son lecteur^ !

Non, les clameurs de tes rivaux' Ne te raviront point le talent qui t'honore ; Si tes fleurs étaient des pavots.

Tes jaloux dormiraient encore.

1. Claude-Joseph Dorât (1734-1780), après avoir essayé sans succès du théâtre, s'était adonné à la poésie légère, dans laquelle il se signalait surtout par son inépuisable fécondité. C'est la publication du quatrième chant de son poème sur la Danse qui lui attira l'épigramme ci-dessus.

2. Cette épigramme, qui fut attribuée à Voltaire, est en réalité de La Harpe.

3. M. de la Louptière a envoyé à M. Dorât le madrigal suivant, à l'occasion de l'épigramme sur les vers de ce poète. (M.)

Année ijGj. 105

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