‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 91 sur 173 · SAINT LOUIS AU PARLEMENT · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS AU PARLEMENT

De par tous les amis du trône, Aux gens tenant le Parlement Et respectant peu la couronne, Saint Louis remontre humblement Que ce n'est point l'usage, en France, Que des sujets contre le Roi Fassent, en réclamant la loi, Acte de désobéissance'.

Qu'il est honteux que la balance Du sceptre usurpant le pouvoir,

I. Pour mettre un terme aux accusations dont il était l'objet de la part des Bretons, le duc d'Aiguillon avait demandé à être jugé par la cour des pairs. Le Roi en personne alla présider les débats, qui furent inaugurés avec solennité. Mais au bout de quelques mois, cédant aux instigations de M™** du Barry et du chancelier J^aupeou, il annula la procédure ; comme le Parlement avait déclaré tout aussitôt le duc privé des privilèges de la pairie jusqu'à ce qu'il se fût purgé des soupçons qui entachaient son honneur, le Roi cassa cet arrêt, le 3 septembre, et fit enlever des registres du Parlement toutes les pièces du procès. Les magistrats, qui étaient sur le point d'entrer en vacations, décidèrent que l'affaire serait continuée à la ren-

ï84 Clair ambault-Maurepas,

Ose, au mépris de son devoir, Fomenter avec insolence Des troubles dont la violence A compromis la vérité; Qu'il est honteux que le silence, Imposé par l'autorité.

Soit taxé par l'indépendance De faveur et d'iniquité.

Que c'est un dangereux système D'oser, chez un peuple soumis.

Se jouer du pouvoir suprême Et lever sur le diadème Le glaive effronté de Thémis.

Que ce système abominable Ferait horreur à des Anglais; Qu'il paraît à tout bon Français Une extravagance exécrable, Digne de ces temps abhorrés

trée, « considérant que la multiplicité des actes d'un pouvoir absolu exercés de toutes parts contre l'esprit et la lettre des lois constitutives de la monarchie française , et certainement contre le vœu intime du seigneur Roi est une preuve non équivoque d'un projet prémédité de changer la forme du gouvernement, et de substituer a la force toujours légale des lois, les secousses irrégulières d'un pouvoir arbitraire ; que, dans un moment de crise aussi violent, il est de l'intérêt le plus pressant que les lois fondamentales restent sans atteintes nouvelles pour conserver tout l effet que leur réclamation ne peut manquer d'avoir dans des circonstances plus favorables à la vérité.... »

Année lyjo. 185

Où l'on vit un moine coupable Séduit et poussé par degrés Au forfait le plus détestable.

Que, pour obvier à ces maux, A Bicêtre il faudrait conduire Tous ceux qui s'efforcent d'induire La France en des troubles nouveaux. Et par quelques faibles cerveaux Se laissent mener et séduire.

Telles sont, gens du Parlement,

Les vérités qu'en conscience

A cru, sur votre extravagance.

Devoir vous offrir humblement

Le plus grand Roi qu'ait eu la France.

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