‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 2)Chapitre 99 sur 173 · SUR VOLTAIRE · texte numérisé non relu

SUR VOLTAIRE

Un jeune homme bouillant invectivait Voltaire !

Quoi, disait-il, emporté par son feu, Quoi, cet esprit immonde a l'encens de la terre ? Cet infâme Archiloque est l'ouvrage d'un dieu ? De vice et de talent quel monstreux mélange ! Son âme est un rayon qui s'éteint dans la fange : Il est tout à la fois et tyran et bourreau ; Sa dent d'un même coup empoisonne et déchire Il inonde de fiel les bords de son tombeau. Et sa chaleur n'est plus qu'un féroce délire. — Un vieillard l'écoutait, sans paraître étonné : Tout est bien, lui dit-il. Ce mortel qui te blesse, Jeune homme, du ciel même atteste la sagesse : S'il n'avait pas écrit, il eût assassiné ^.

J'ai vu chez Pigalle aujourd'hui Le modèle vanté de certaine statue ;

I. « On a répandu ces jours derniers cette épigrararae, mais on n'a pu savoir le nom de l'enragé qui l'a composée. Elle a eu le sort de toutes les atrocités ; l'horreur en est retombée sur l'auteur qui n'a pas osé se faire connaître. » {Corresp. de Grimm, août.)

Année lyjo. 201

A cet œil qui foudroie, à ce souris qui tue, A cet air si chagrin de la gloire d'autrui, Je me suis écrié : ce n'est point là Voltaire; C'est un monstre... Oh ! m'a dit certain folliculaire, Si c'est un monstre, c'est bien lui !

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