‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 118 sur 192 · Le marquis de Levis-Mirepoix, ambassadeur à Vienne · texte numérisé non relu

Le marquis de Levis-Mirepoix, ambassadeur à Vienne

3. Jacques d'Auxy de Monceaux, marquis d'Auxy, ancien colonel du régiment le Royal-Conti. « C'est un bon gentilhomme de campagne qui n'a jamais servi, ou peu dans sa jeunesse et n'a jamais fait sa cour, vivant bourgeoisement, depuis le mariage de sa fille, au fond du Marais. Sa femme, plus bourgeoise que Mme Jourdain, mais acariâtre. Elle a prétendu être faite duchesse et son mari duc a brevet. Il y avait brouillerie ouverte dans la famille et pour tout arranger, on a donné l'ordre du Saint-Esprit à d'Auxy. » [Mém. du marquis d'Argenso;i.)

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LA VOLTAIROMANIE

Ma foi, Voltaire est un grand homme !

Dans la Grèce et l'ancienne Rome Mortel ainsi que lui n'est né, De tous talents mieux guerdonné.

De tout le bon seigneur se pique, Ce n'est que salpêtre, que feu ; Gente épigramme, œuvre lyrique, Le travail pour lui n'est qu'un jeu; En huit jours, pièce dramatique, L'histoire lui coûte aussi peu.

Mainte épître philosophique De son haut savoir en tout lieu Est une autre preuve authentique; Grand poète, fin politique, Marchand, libraire, historien, Usurier, comédien, Bel esprit, profond en physique; De Newton, sans savoir pourquoi, Adoptant le système optique, Déiste, Quaker, empirique, Partout il trouve de l'emploi ; D'une nouvelle poétique On attend de lui la leçon, Du goût oracle véridique, Dans une pagode comique

246 Clair arnbaul t-AIaurepas.

Gît idole de sa façon ;

Il brave tout, haine publique,

Religion, gouvernement ;

Coffré par ordre du Régent,

Soutint licence satyrique

Dont Chabot fut le président l ;

Enflé de ce laurier critique,

A d'autres honneurs il prétend ;

Nouveau Capanée, il se pique

D'attaquer un Dieu qui l'attend.

Salamalech à ce grand homme; D'ici jusqu'à demain j'en pourrais discourir,

Son éloge ne peut tarir.

Arrêtons-nous, amis, et concluons en somme :

Ma foi, Voltaire est un grand homme !

LES FETES D'HEBE

Un gros recueil de tambourins, Des sons dignes des mandarins,

1. Le prince de Rohan avait fait donner des coups de canne à Voltaire.

2. A propos de l'opéra des Talents lyriques, ou les Fêtes d ' Hébé. (M.) Cet opéra, dont les paroles étaient de Mondorge et la musique de Rameau, fut donné pour la première fois le 21 mai 1739.

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Un concerto pour ouverture,

Un excellent soporatif

Sous le nom de récitatif.

Des vers insultant la nature,

Un canevas plat et chétif,

Dont l'ombre de Quinault murmure,

Et de Mondorge et de Rameau,

Voilà le chef-d'œuvre nouveau.

Que nous veut chanter cette clique Qui fronde l'opéra nouveau; Jamais plus gaillarde musique Ne sortit du cap de Rameau.

Jadis on vit du pathétique Sur des paroles de Quinault; Maintenant on voit du comique Sur des paroles d'ostrogoth.

Les ballets sont faits à merveille, Leur image parle à nos yeux; Leur cadence frappe l'oreille Des mortels et même des Dieux1.

1. « Le sujet du prologue est Hébé qui, voyant l'inconslance des dieux, abandonne l'Olympe et cherche sur la terre un asile plus heureux. L'Amour, après être venu rendre hommage à Hébé, annonce le sujet du ballet, en l'engageant à venir voir sur les bords de la Seine triom-

248 Clair atnbault-Maurepas.

Près Mariette 1 on voit Mercure Animé des plus tendres feux; Suivant des pas qu'elle figure Les mouvements luxurieux.

Ainsi la nymphe poussinière Fait encore plus en dansant, Qu'un petit amour en brassière 2 Oui ne nous dit mot en chantant.

De Jéliot 3 la voix brillante Jette du feu dans les récits,

Et de la muse languissante Ranime les tristes produits.

pher les talents lyriques. La première entrée , intitulée la Poésie, est remplie principalement par Sapho dans sa jeunesse, et Alcée, fameux poète grec. La seconde, intitulée la Musique, est tirée de Platon et de Plutarque ; le sujet est Tyrtéequi, parla beauté de son chant, anime tellement les Lacédémoniens, qu'ils remportent la victoire sur les Messéniens. La troisième entrée, enfin, est intitulée la Danse, et se passe entre Mercure, amoureux, et une bergère qui par ses talents s'est rendue digne d'être admise à la cour de Terpsichore. C'est la meilleure des trois et celle qui fut le plus applaudie. » De Léris, Diction, des théâtres.)

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