‹ Chansonnier historique du 18e siècle [recueil de chansons, vaudevilles, sonnets, épigrammes, épitaphes et autre vers satiriques et historiques] publié avec introd., commentaire, notes et index (volume 3)Chapitre 139 sur 192 · SUCCESSION DE L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

SUCCESSION DE L'EMPEREUR

Qui sera de l'Empereur

Successeur?

Plus d'un souverain aspire

I. « L'empereur Charles VI mourut d'une indigestion, le 19 octobre 1740. « Sa mort fut inopinée. Il avait à peine cinquante-cinq ans, et pouvait, malgré la délicatesse de son tempérament, espérer avoir le temps de mettre la dernière main au projet de l'indivisibilité de sa succession, en la personne de sa fille aînée, en désignant pour successeur à l'empire, son gendre. Il commençait à laisser entrevoir son dessein, et était occupé à sonder les dispositions des électeurs et à les ménager, lorsqu'une indigestion précipita tout à la fois ce monarque au tombeau et l'empire et sa fille chérie sur le bord de leur ruine. » {Vie privée de Louis XV.)

286 Clair amb ault-Maurepas.

A cet illustre destin, Mais bien fin A présent qui peut le dire.

De Bavière1 l'Electeur

En faveur Près du monarque de France, Dans ce fameux dévouement,

Aisément Peut rencontrer bonne chance.

Le duc de Toscane avait

Très bon droit A ce superbe héritage; Mais depuis certain traité

Eventé, Pour lui personne ne gage.

Par la Parque un grand bras

Mis à bas Rend la ligue manchotte ;

i. « Charles-Albert, électeur de Bavière, demandait la succession en vertu d'un testament de l'empereur Ferdinand Ier, frère aîné de Charles-Quint. Auguste III, roi de Pologne, électeur de Saxe, alléguait des droits plus récents, ceux de sa femme même, fille aînée de l'empereur Joseph Ier, frère aîné de Charles VI. Le ^oi d'Espagne étendait ses prétentions sur tous les États de la maison d'Autriche, en remontant à la femme de Philippe II, fille de l'empereur Maximilien II. Philippe V descendait de cette princesse par les femmes. » (VOLTAIRE, Siècle de Louis XV.)

Année ij4o. z'èj

Les Anglais n'ont maintenant

Que du vent A demander pour leur flotte.

Le roi de Prusse hardiment,

Se flattant Des faveurs de la Diète 1, Se croit déjà souverain

Sur le Rhin Et s'applaudit de l'emplette 2.

De Voltaire et Maupertuis

Les avis Font rouler sa politique ; Comme eux il a du savant

Le clinquant, Comme eux il est catholique.

Empereur enfin sera

Qui pourra; Quelque part où l'aigle vole Il ne fuira pas des lis

Le pays S'il veut jouer un beau rôle.

i. La Diète qui devait être convoquée à Francfort pour l'élection de l'Empereur.

2. Le roi de Prusse, Frédéric II, n'attendit pas les décisions de la Diète ; il envahit la Silésie autrichienne qu'il convoitait, et la conquit en quelques mois.

288 C lairambaul t-AIaurepas.

Des Français tout le souci Aujourd'hui

Est que Louis dans la France

Règne longtemps glorieux, Et chez eux

Fasse régner l'abondance.

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