LES TALENTS DE MAUREPAS
Le Maurepas est chancelant, Voilà ce que c'est d'être impuissant.
Il a beau faire l'important,
Bredouiller et rire,
Lorgner et médire.
Richelieu 2 dit en le chassant :
Voilà ce que c'est d'être impuissant.
on l'a choisi pour ministre des affaires étrangères ; il s'était appliqué à la finance et aux belles-lettres et a l'esprit fort orné. Il ne paraît pas jusqu'à présent qu'il ait acquis une grande considération parmi les étrangers, et je crois que l'on peut dire quil lui manque encore beaucoup de connaissances sur ces matières. » (Mémoires du duc de Luynes.)
1. C'est pour répondre à la pièce précédente que le duc de Richelieu, rival de Maurepas dans la faveur du Roi, composa cette chanson.
2. Richelieu était dans les meilleurs termes avec M"1C de La Tournelle ; Maurepas, au contraire, la détestait et, pour en dégoûter le Roi, il avait même feint d'en être
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Il ne trompera plus les gens
Ni par ses souplesses
Ni par ses finesses.
Tous diront le vilipendant :
Mais pour exercer ses talents
Les marionnettes
Et les girouettes Deviendront son département,
Il pourra, pour ses passe- temps,
Jouer des parades,
Donner des cassades Et divertir ses complaisants,
Il peut encor faire le galant
Près de ma cousine l
Mais elle a la mine De le renvoyer promptement.
Le Maurepas est chancelant,
Voilà ce que c'est d'être impuissant ;
On dirait que son ascendant
Ait été funeste
Au premier Céreste 2 ;
amoureux. Lorsqu'elle devint maîtresse déclarée, on put croire que ses efforts, unis à ceux de Richelieu, parviendraient à éloigner ce ministre, pour lequel le Roi semblait avoir quelque affection.
i. La duchesse d'Aiguillon. (M.)
2. Le chevalier de Céreste-Brancas, ami de M. le comte de Maurepas. (M.)
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338 Clair imbault-Maurepas.
Phélypeaux, entre eux s'en vont disant Voilà ce que c'est d'être impuissant '.
NOÈLS POUR L'ANNÉE 1742
Des notables de France Le Roi environné A fait la révérence A l'enfant nouveau-né. Lorsqu'il sortit, Joseph lui dit :
Qu'avez-vous donc fait de Fleury Que je ne le voie point ici ?
1. Le marquis d'Argenson, dans ses Mémoires, n'est i:uère plus tendre pour Maurepas que le duc de Richelieu dans ses couplets.
« Un petit-maître français, dit-il, brillant et spirituel, installé dans le ministère à seize ans, doyen du conseil à trente-cinq, décidé et toujours fautif, parlant beaucoup, écoutant peu, traitant sérieusement les bagatelles et légèrement les grands objets, voilà quel est M. de Maurepas. On lui a disputé jusqu'à la qualité d 'homme ; il a une grande réputation d'impuissance, et, dans le fait, il a quelque chose du caractère des eunuques, aimant les femmes à la fureur pour les tourmenter sans les satisfaire. » Nous avons donné dans notre Préface d'autres fragments importants du curieux portrait esquissé par le marquis.
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Est-ce qu'il se repose.
Ou qu'il veut vous quitter enfin?
J'en sais bien que l'on vous propose, Mais gardez-vous en bien.
Laissez à Bourges Chauvelin, Renvoyez à Rome Tencin1, Puis après allez votre train.
Pour régir votre empire Ne seriez-vous pas assez grand ?
Pardonnez-moi, beau sire,
Un langage aussi franc.
Quelle est la troupe qui s'avance?
Ah ! qu'ils ont l'air impertinent:
Ce sont les ministres de France Oui viennent adorer l'enfant.
C'est Chaillou qui fait la harangue De la part du Roi très chrétien, Mais l'embrouillement de sa langue Fait que Jésus n'y comprend rien.
Eh quoi donc, dit-il à sa mère, Tous les autres sont-ils muets,
1. Le cardinal de Tencin, revenu de Rome pour prendre possession de son archevêché de Lyon, avait été nommé ministre d'État au mois d'août 1742.